Alcool et Violence

Une proportion substantielle d’agressions et de délits violents (40 à 50 %) impliquent un ou plusieurs participants ayant bu de l’alcool, la proportion variant selon les pays et les cultures.

Il existe une relation entre la consommation d’alcool et le risque d’être impliqué dans des événements violents, homicides inclus, relation qui est plus forte dans le cas d’une ivresse que pour une consommation chronique.

Un grand nombre d’études ont démontré qu’il existait un risque significativement accru d’implication violente des buveurs excessifs, qui sont eux-mêmes plus souvent victimes de la violence.

Une consommation épisodique massive, la fréquence et le volume de consommation sont chacun indépendamment associés au risque d’agression.

La fréquence de consommation apparaît comme le facteur le plus important. La quantité d’alcool consommée a été associée aux agressions dans un échantillon de population générale même lorsque la consommation, élevée, était contrôlée.

Il existe un lien global entre une consommation d’alcool importante et la violence délictuelle et domestique. Cette corrélation est particulièrement bien validée dans les études sur la violence domestique et sexuelle.

Ce lien est atténué lorsque d’autres caractéristiques, telles que la culture, le sexe, l’âge, la classe sociale, les antécédents judiciaires, la maltraitance dans l’enfance et le recours à d’autres drogues en plus de l’alcool sont prises en compte.

Généralement, plus la consommation d’alcool est élevée, plus la violence est grave. Des études en provenance du Royaume-Uni (Mirrlees-Black, 1999) et d’Irlande (Watson & Parsons, 2005) indiquent qu’un tiers des violences entre conjoints se produisaient lorsque l’agresseur était sous l’influence de l’alcool.

 

La violence envers des inconnus est plus susceptible d’impliquer une consommation d’alcool que la violence entre conjoints.

Des taux d’alcoolémie ou des niveaux de consommation élevés sont fréquemment observés non seulement chez les agresseurs violents mais aussi chez leurs victimes.

Plus une personne a consommé d’alcool, plus elle est à risque de subir une agression sexuelle perpétrée par un inconnu alcoolisé, alors que le risque d’agression sexuelle liée à l’alcool entre conjoints ou époux semble être indépendant de la consommation d’alcool de la victime.

De nombreuses victimes deviennent des buveurs excessifs en réaction à la violence sexuelle subie.

Outre les recherches épidémiologique et expérimentale qui avalisent le lien causal entre l’ivresse et la violence, il existe des recherches expliquant les mécanismes biologiques particuliers liant l’alcool à un comportement agressif, ceux-ci étant atténués par les facteurs contextuels et culturels.

Parmi les effets pharmacologiques de l’alcool, on peut citer : une augmentation de la labilité émotionnelle et une attention concentrée sur le présent, une baisse de la reconnaissance des signaux internes ou une baisse de la conscience de soi,  une capacité diminuée à considérer les conséquences  ou à résoudre les problèmes ainsi qu’un esprit de discipline et une maîtrise de soi altérés.

L’alcool semble interagir avec la personnalité et avec d’autres facteurs liés à une propension personnelle à la violence, comme l’impulsivité. Les traumatismes causés par la violence pourraient aussi être plus étroitement liés à la dépendance à l’alcool que les autres types de traumatismes liés à l’alcool.

En plus du mode de consommation d’alcool, le contexte social de la consommation est aussi important dans les agressions liées à l’alcool, en particulier chez les jeunes dont le comportement de consommation est fortement influencé par les pairs.

Une méta-analyse a révélé que les effets de l’alcool étaient plus importants dans les situations caractérisées par une grande anxiété, un conflit intérieur entraînant de l’inhibition et de la frustration alors que les différences entre les personnes sobres et ivres étaient plus faibles dans des situations impliquant un niveau de provocation élevé et une focalisation sur soi.

De plus, lorsque les facteurs dissuasifs d’une agression sont suffisants, les effets de l’alcool peuvent être réduits ou même complètement annulés.

Les débits de boissons ouverts au public sont des lieux à haut risque d’agressions liées à l’alcool. Cependant, les circonstances de consommation en elles-mêmes n’expliquent pas le lien entre l’alcool et l’agression, car l’impact de l’alcool est aussi indépendant du contexte ou du cadre dans lequel a lieu la consommation.

Cependant, le lieu d’une agression liée à l’alcool n’est pas indépendant de la consommation. Par exemple, dans les lieux dont la raison d’être est la consommation d’alcool tels que les bars et les pubs, la détermination du risque de violence qui aurait pu se produire si la personne s’était abstenue de consommer n’a pas de sens, parce que de tels lieux n’existent pas sans cette consommation.

Bien que quelques incidents se produisant dans les bars impliquent des conflits entre amis ou entre conjoints qui auraient pu se dérouler dans un autre cadre, la quasi-totalité des cas d’agression n’y sont pas prémédités et sont issus d’interactions sociales dans le bar qui impliquent fréquemment des inconnus.

Par conséquent, il semble raisonnable de reconnaître que presque tous les cas de violence se produisant dans les bars et autres environnements où la consommation d’alcool est l’activité principale, peuvent être considérés comme imputables à l’alcool, soit directement du fait des effets pharmacologiques de l’alcool, soit indirectement, à travers les normes sociales en matière de consommation d’alcool.

Qu’en pensez vous ? envie d’en débattre ? Alors n’hésitez pas à laisser vos commentaires ci-dessous  :

1 réponse sur “Alcool et Violence”

  1. L’alcool libère nos instincts les plus primaires, ceux contenus dans ce qu’on appelle le cerveau reptilien, et sous alcool, tout ce qui est apprentissage de la vie sociale disparaît.. Nous devenons comme un animal sauvage, prêt à se battre dés qu’il pense que sa survie est en jeu..

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