Alcoolisme : comment lutter contre une dépendance installée

Tous les spécialistes en conviennent : pour les malades de l’alcool (ils sont entre quatre et cinq millions en France), le sevrage est une étape essentielle de la lutte contre la dépendance.

Alcoolisme : comment lutter contre une dépendance installée
Alcoolisme : comment lutter contre une
dépendance installée

Mais, qu’elle soit mise en œuvre en milieu hospitalier ou à domicile, cette entrée volontaire, et aujourd’hui parfaitement codifiée, d’abandon d’une consommation devenue toxique ne permet pas, à elle seule, d’atteindre l’objectif thérapeutique.

Elle doit impérativement être accompagnée d’un suivi permettant de consolider la démarche du patient et de le conforter dans son choix.

En dépit de l’ampleur considérable de cette question de santé publique, on ne dispose cependant, dans ce domaine, que d’un éventail extrêmement réduit de méthodes dont l’efficacité a pu être démontrée. Une situation d’autant plus problématique que l’offre de soins est de très loin en deçà de la réalité sanitaire.

Telles sont les grandes conclusions de la conférence de consensus que l’Agence nationale française d’accréditation et d’évaluation en santé (Anaes) vient de consacrer, avec la Société française d’alcoologie, aux « Modalités de l’accompagnement du sujet alcoolodépendant après un sevrage. »

Présidé par le professeur Didier Sicard, spécialiste de médecine interne (hôpital Cochin, Paris), le jury de cette conférence, réunie sous l’égide de l’Anaes, rappelle que, en l’absence d’un accompagnement du patient après le sevrage, on compte moins de 10 % de « guérisons spontanées ».

Un constat qui, selon ces spécialistes, fait qu’il est « peu éthique » de ne pas proposer une prise en charge dans les semaines, les mois, voire les années qui suivent le (ou les) sevrage(s).

Mais, à la différence de ce qui existe plus généralement pour les médicaments, il n’existe que fort peu d’études d’évaluation de l’efficacité de l’ensemble hétérogène des thérapeutiques non médicamenteuses.

 

Dans un tel contexte, il n’est pas simple de formuler des recommandations incontestables. Les obstacles rencontrés (réalcoolisations, épisodes de dépression, etc.) doivent être considérés comme une partie intégrante du parcours de lutte contre la dépendance, et ne jamais être perçus comme des échecs définitifs mais, bien au contraire, comme « des moments d’un projet visant à atteindre le bien-être ».

Le soutien psychologique

Les professionnels estiment qu’il « est le fondement même de la prise en charge de toute personne en difficulté avec l’alcool », même s’il n’existe dans ce domaine que peu d’études scientifiques d’évaluation.

Ce soutien peut prendre diverses formes : écoute, relation d’aide, attitude de soutien psychologique ou psychothérapie de soutien.

Quelle que soit la technique retenue, il importe de savoir que l’apport thérapeutique doit s’inscrire dans le temps et la durée.

La psychanalyse et les psychothérapies d’inspiration analytique

Il est bien connu que la méthodologie analytique ne répond pas – ou fort mal – aux standards actuels de l’évaluation scientifique.

D’autre part, les experts de l’Anaes soulignent que les conceptions psychanalytiques de l’alcoolodépendance font que la technique de la cure type (travail de remémoration et d’associations libres) se révèle généralement impratiquable.

On a ainsi mis en place des psychothérapies d’inspiration psychanalytique (PIP), dans lesquelles une empathie exprimée du thérapeute permet de favoriser « l’alliance thérapeutique ».

Si elles peuvent constituer un outil thérapeutique, ces PIP doivent encore, en toute rigueur, soumettre leur résultat à une évaluation scientifique.

Les thérapies comportementales

Il s’agit là de techniques psychothérapiques codifiées, qui permettent aux patients « d’élaborer et d’utiliser des stratégies pour le maintien de l’abstinence ». Il s’agit, pour l’essentiel, d' »entretiens motivationnels« , d’entraînements à la prévention de la rechute et à la gestion de l’envie de boire.

Encore peu développé en France, ce type d’approche a déjà fait la preuve de son efficacité.

Pour les experts de l’Anaes, il serait utile de favoriser la mise en place de formations aux thérapies comportementales et cognitives pour les personnels déjà spécifiquement formés à la prise en charge de l’alcoolodépendance.

Les groupes de parole

On désigne ainsi un ensemble de pratiques hétérogènes qui sont souvent source de confusion. Il faut en effet bien les distinguer des thérapies de groupe (où la présence d’un thérapeute est requise), des groupes thérapeutiques ou encore des mouvements d’entraide.

En ce qui concerne les seuls groupes de parole, « la validation scientifique n’est pas établie ». En pratique, les professionnels reconnaissent qu’ils peuvent avoir un réel intérêt thérapeutique.

Les mouvements d’entraide

De nombreuses études indiquent qu’une participation à un mouvement d’entraide est un élément important pour le maintien durable de l’abstinence pour les patients volontaires. D’origines et de sensibilités diverses, ils ont un objectif commun : aider et accompagner les personnes en difficulté avec l’alcool, en apportant information et soutien au patient et à l’entourage, rappellent les experts.

Ils préconisent l’abstinence totale et définitive comme une étape vers une meilleure qualité de vie. »Ces mêmes experts estiment qu’il convient de proposer aux patients alcoolodépendants une rencontre avec un mouvement d’entraide en prenant garde de souligner que les sensibilités religieuses, laïques, humanitaires, sociales ou idéologiques, si elles existent, doivent être facilement identifiables par les patients autant que par les soignants.

En conclusion

Les experts de l’Anaes estiment qu’après le passage obligé du sevrage l’accompagnement ne peut se borner à des improvisations. Il doit s’inscrire dans un véritable projet de soins fondé sur une information complète, par oral et par écrit, de la personne alcoolodépendante, qui peut alors donner un consentement éclairé pour s’engager dans une démarche douloureuse et devenue indispensable.

 

Qu’en pensez vous ? envie d’en débattre ? des questions ? Alors n’hésitez pas à laisser vos commentaires ci-dessous :

1 réponse sur “Alcoolisme : comment lutter contre une dépendance installée”

  1. Mon mari se fait suivre par un addictologue et il refuse d’être abstinent. Il est intimement persuadé qu’il va pouvoir contrôler sa consommation d’alcool. Alors il y des hauts et des bats . Je vis constamment ds la peur de rentrer et de le voir 😵 c’ Est insupportable pour moi je n ‘en Peut plus. ! Que dois je faire y croire ou continuer à lui faire comprendre qu’il n’y a que l’abstinence qui peut le sauver!

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