Alcoolisme et troubles dépressifs

L’association entre alcoolisme et dépression est une donnée clinique d’observation courante. En effet, 98 % des patients alcooliques présentent des symptômes dépressifs à un moment donné de leur existence.

Alcoolisme et troubles dépressifs
Alcoolisme et troubles dépressifs

On doit savoir que les alcooliques déprimés sont spécialement exposés au suicide.

Ce sont aussi les patients qui requièrent le plus souvent une hospitalisation.

La séquence d’apparition de la dépression et de l’alcoolodépendance amène à différencier les alcoolismes primaires , compliqués d’une dépression secondaire, des alcoolismes secondaires, apparus dans les suites d’un trouble de l’humeur.

Conformément aux études qui sont réalisées dans ce domaine, il ne semble pas que la dépression soit un facteur de risque majeur de survenue d’une alcoolodépendance, même si la notion d’alcoolisme secondaire à la dépression et d’autotraitement de la dépression par l’alcool connaît une fortune certaine dans l’imaginaire social de la maladie alcoolique.

La prévalence de la dépression varie aussi selon le moment où elle est recherchée.

Avant le sevrage, 80 % des patients alcooliques présentent des symptômes dépressifs et un tiers une dépression majeure caractérisée.

Après le sevrage, la dépression est beaucoup moins fréquente.

 

On retrouve 67 % de dépression au début du sevrage et 13 % après sept à dix jours de sevrage.

La plupart des travaux s’accordent sur le fait que les patients présentant une association alcoolisme-dépression évoluent davantage comme des alcooliques que comme des déprimés, même si la dépression majore les conséquences sociales de l’alcoolo-dépendance et contribue à augmenter la fréquence des hospitalisations.

La principale complication de l’association alcoolisme-dépression est le risque suicidaire.

Le taux de mortalité par suicide, inférieur à 1 % dans la population générale, va rie entre 7 et 27 % chez l’alcoolique.

Le risque de mort par suicide chez les patients alcooliques est ainsi comparable à celui des patients présentant un trouble de l’humeur, et il se majore encore chez les alcooliques déprimés , chez qui les idées et les tentatives de suicide sont plus fréquentes que chez les déprimés non alcooliques.

En outre, la consommation d’alcool majore la gravité médicale du geste suicidaire.

Les épisodes dépressifs majeurs retrouvés chez les patients alcooliques sont habituellement typiques sur le plan clinique.

La faible estime de soi et la dépendance affective sont des éléments psychologiques fréquemment retrouvés chez l’alcoolique déprimé.

Aucun traitement spécifique d’un trouble dépressif chez un sujet alcoolique ne doit être entrepris sans traitement simultané de la conduite alcoolique elle-même, qui consiste, avant tout, dans l’obtention d’un sevrage total.

Ce n’est qu’après une période de trois à quatre semaines de sevrage que la persistance d’une symptomatologie dépressive doit faire éventuellement mettre en route un traitement antidépresseur, en l’absence de gravité du syndrome dépressif qui justifierait alors une hospitalisation.

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