Les dangers du sevrage pour un malade alcoolique

Le syndrome de sevrage de l’alcool ne survient que chez des sujets avec dépendance à l’alcool. Il n’est pas présent chez tous les sujets dépendants puisque près d’un tiers d’entre eux n’a pas de symptôme de sevrage en cas d’arrêt brutal de l’usage d’alcool.

Les dangers du sevrage pour un malade alcoolique
Les dangers du sevrage pour un malade alcoolique

Les premiers symptômes de sevrage surviennent dans les heures qui suivent l’arrêt de l’usage d’alcool.

Ils peuvent survenir fréquemment le matin au réveil chez les sujets avec forte dépendance.

La survenue des symptômes est maximale au cours des 72 premières heures mais peuvent se voir jusqu’à 7-10 jours après un arrêt de l’alcool.

On peut observer les symptômes suivants (en gras les signes les plus discriminants et les plus fréquents) :

  • Des troubles psycho-comportementaux : anxiété, insomnie, cauchemars, irritabilité, agitation psychomotrice ;
  • Des troubles neurovégétatifs : sueurs, tremblements, tachycardie, hypertension artérielle ;
  • Des troubles digestifs : vomissements, nausées, anorexie, diarrhée.

Les signes disparaissent ou diminuent avec la prise de quelques verres ’alcool ou la prise de benzodiazépines.

En l’absence de prévention ou de traitement adapté, ce tableau peut s’aggraver.

Il peut alors aboutir aux complications suivantes :

 

Les convulsions de sevrage

Elles sont caractérisées par leur début précoce (en général dans les 48 heures suivant la diminution ou l’arrêt de l’alcool), mais peuvent survenir de manière plus retardée en cas de diminution trop rapide des benzodiazépines.

Il s’agit le plus souvent de crises généralisées tonico-cloniques.

Non traitées, elles risquent de récidiver rapidement voire d’évoluer vers un état de mal épileptique, avec un risque de décès.

Prescrites à doses adaptées, les benzodiazépines en prévention ou en traitement du syndrome de sevrage permettent d’éviter le risque de convulsions.

Le delirium tremens

Le delirium tremens est un état de confusion agitée et délirante qui signe un syndrome de sevrage majeur et en constitue une complication très sévère, avec risque vital engagé.

Sur le plan clinique, on note :

  • Syndrome confusionnel.
  • Agitation.
  • Propos incohérents.
  • Délire onirique avec vécu délirant intense.
  • Inversion du rythme nycthéméral.
  • Hallucinations multiples, surtout visuelles avec zoopsies.
  • Scènes d’agression qui peuvent être la cause de réactions de frayeur chez le patient (risque de fugue, agressivité…).

Les signes physiques associent fièvre, sueurs profuses, déshydratation, modification de la tension, tachycardie, troubles du rythme.

Des crises d’épilepsie, un état de mal peuvent survenir et constitueront des signes de gravité.

Encéphalopathie de Gayet-Wernicke

Les situations de sevrage d’alcool sont à risque accru de survenue d’un Encéphalopathie de Gayet-Wernicke.

Cette dernière serait favorisée par une carence en vitamines B1.

Son mécanisme est donc distinct des symptômes de sevrage habituels de l’alcool.

Elle est caractérisée par un syndrome confusionnel, des signes oculomoteurs, un syndrome cérébelleux statique et une hypertonie oppositionnelle.

L’encéphalopathie de Gayet-Wernicke est de survenue rare. Elle aurait un lien évolutif vers la démence de Korsakoff, même si cette association est aujourd’hui controversée sur le plan scientifique.

Qu’en pensez vous ? envie d’en débattre ? Alors n’hésitez pas à laisser vos commentaires ci-dessous :

 

1 réponse sur “Les dangers du sevrage pour un malade alcoolique”

  1. Quand je lis sur le forum ou sur les groupes alcool de facebook, qu’une personne s’apprête à arrêter de boire, je lui demande aussitôt si elle le fait seule ou aider par un médecin. Ma plus grande peur, c’est quand un malade alcoolique répond qu’il le fait seul.
    Dans la maladie alcoolique, c’est un des moments les plus dangereux, notre cerveau et notre corps brutalement privé d’alcool peuvent réagir très mal si nous n’avons pas les médicaments nécessaires sous la main…. Il y a très souvent des crises d’épilepsie, des déliriums tremens, des malaises cardiaques. Au moindre malaise survenant pendant un sevrage, appeler tout de suite les urgences, ce peut être très grave…

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