Diagnostiquer un Syndrome d’Alcoolisme Fœtal

Le Syndrome d’Alcoolisme Fœtal – SAF est un ensemble d’anomalies présentes chez les enfants nés de femmes qui, pendant la grossesse, ont consommé des boissons alcoolisées en quantité relativement grande. Le SAF ne peut être diagnostiqué que lorsqu’il y a des signes d’anomalies de chacune des catégories suivantes.

Diagnostiquer un syndrome d'alcoolisme foetal
Diagnostiquer un syndrome d’alcoolisme foetal

Ces critères ont été élaborés en fonction de nouveaux-nés et peuvent ne pas être appropriés pour d’autres groupes d’âge :

a) Retard de croissance (prénatale et (ou) postnatale)

  • poids ou grandeur inférieur au dixième centième lorsqu’on le corrige en  fonction de l’âge gestationnel

b) Trouble du système nerveux central

  • anomalie neurologique (p. ex., troubles auditifs)
  • retard de développement
  • trouble du comportement ou déficience comportementale
  • détérioration mentale (p. ex., difficulté d’apprentissage, déficience mentale) et (ou) anomalies structurelles (p. ex., malformations cérébrales).

c) Particularités du visage

  • petites ouvertures des yeux (fentes palpébrales courtes)
  • partie moyenne du visage allongée et plate
  • lèvre supérieure mince
  • sillon sous-développé (philtrum) entre la lèvre supérieure et le nez.

Effets de l’Alcoolisme Foetal (EAF)

Outre l’ensemble des anomalies connues sous le nom de SAF, plusieurs traits particuliers, souvent appelés les Effets de l’Alcoolisme Foetal (EAF), sont associés à la consommation de boissons alcoolisées pendant la grossesse.

Les EAF ne constituent pas nécessairement une forme moins grave de SAF puisque les signes – même s’ils sont moins nombreux – peuvent être aussi sévères que ceux du SAF.  En voici des exemples :

 

  • problèmes d’apprentissage (difficultés d’apprentissage et (ou) déficience mentale)
  • problèmes du comportement (dysfonctionnement moteur, déficit de la capacité d’attention, hyperactivité, trouble du sommeil)
  • troubles auditifs
  • malformations congénitales isolées

Toutefois, jusqu’à maintenant, il n’existe aucune preuve universellement reconnue indiquant que les EAF représentent une entité définissable et il serait mal avisé d’appliquer ce diagnostic, en partie parce qu’on risque d’étiqueter les enfants à tort.

Chacun des symptômes peut être présent chez des enfants dont la mère n’a consommé aucune boisson alcoolisée pendant la grossesse.

Étant donné ces incertitudes, plusieurs autorités dans le domaine ont déconseillé l’emploi du terme EAF et préconisé une meilleure compréhension de chaque malformation congénitale liée à la consommation d’alcool.

Même si cette façon de procéder peut être justifiée, il y a de bonnes raisons de craindre que les effets éventuels de l’alcoolisme foetal soient exclus des critères de diagnostic du SAF.

Syndrome d’alcoolisme foetal (SAF) – Incidence

Lorsqu’on examine l’incidence du SAF, il ne faut surtout pas oublier que plusieurs facteurs peuvent influencer sur les estimations.

  • Il est difficile de le diagnostiquer. Il faut posséder une expérience considérable pour reconnaître les traits du visage liés au syndrome. Par ailleurs, certains de ces traitssont la norme dans différents groupes raciaux.
  • Il est difficile de mesurer avec exactitude la consommation de boissons alcoolisées à un moment donné et il est tout particulièrement difficile de la mesurer pendant la grossesse, période où la crainte des conséquences peut porter à ne pas déclarer une bonne partie de la consommation. En outre, il n’existe aucun consensus sur la quantité, autre que la consommation très excessive (p. ex., cinq consommations ou plus par jour), ou sur le mode de consommation (p. ex., boire de façon irrégulière) qui cause des dommages.
  • Quelques traits du SAF peuvent être dus à diverses influences néfastes, ou être aggravés par elles (p. ex., mauvaise alimentation, violence familiale ou toxicomanie, autres problèmes obstétricaux et de santé de la mère), et interagir avec les boissons alcoolisées ingérées pendant la grossesse.

En raison de ces facteurs, les estimations sur l’incidence du SAF sont très nombreuses et controversées.

Selon des données récentes, le taux dans le grand public est évalué à 0,33 cas sur 1 000 naissances vivantes. Cette estimation est prudente et n’englobe pas les groupes minoritaires tels les autochtones.

Les résultats d’études limitées donnent à penser que le taux dans les populations autochtones est au moins dix fois plus élevé.

Qu’en pensez vous ? envie d’en débattre ? des questions ? Alors n’hésitez pas à laisser vos commentaires ci-dessous :

1 réponse sur “Diagnostiquer un Syndrome d’Alcoolisme Fœtal”

  1. Il y a des bébés de femmes alcooliques qui doivent subir un sevrage à leur naissance tellement ils sont imbibés par l’alcool consommé par leur mère…Beaucoup pensent encore que boire un verre de vin de temps en temps pendant la grossesse ce n’est pas grave, et bien si, c’est grave, le bébé le boit en même temps que sa mère et pour lui, c’est vraiment une catastrophe…

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