La Femme de l’Alcoolique

On peut se demander pourquoi c’est d’abord et en priorité à elle que se sont intéressés les psychiatres, le plus souvent d’obédience psychanalytique.

La Femme du Malade Alcoolique

Peut-être est-ce parce qu’à cette époque l’alcoolisme concernait en premier lieu les hommes, l’alcoolisme féminin, alors plus honteux, étant moins visible car plus dissimulé.

On peut aussi penser que les épouses étaient très présentes et actives vis-à-vis de leur conjoint alcoolique.

Quelle que soit la réponse, il a été dressé de ces femmes un portrait peu flatteur et, par ailleurs, loin d’être spécifique, les auteurs reconnaissant qu’il pourrait s’appliquer à des épouses de conjoints non alcooliques.

En voici quelques traits.

Ces femmes infantilisent leur mari en gardant la mainmise sur le budget du ménage et en leur donnant parcimonieusement de l’argent de poche, tout comme une mère en donne à son enfant.

Ce sont des femmes autoritaires qui ont décidé de façon unilatérale du moment du mariage.

Elles ont un tel souci de respectabilité qu’elles peuvent interrompre la prise en charge de leur mari dont l’hospitalisation ferait rejaillir sur elles la honte d’une maladie inavouable.

 

Elles ont le fantasme d’un mari destiné à mourir et se plaignent plus de son impuissance sexuelle que de sa déchéance physique. Ce sont des mantes religieuses : le mâle peut disparaître après la fécondation.

Le médecin doit se dégager de cette atmosphère fantasmatique en refusant d’officialiser la puissance qu’elles convoitent afin de permettre au conjoint d’accéder à la dignité de sujet.

Cette description de l’épouse de l’alcoolique l’inscrit avec son conjoint dans un destin auquel il leur est impossible d’échapper et permet d’expliquer la répétition, sans donner véritablement les moyens du changement : cette femme retrouvera un autre homme alcoolique et cet homme recherchera et trouvera sans doute une épouse identique à la précédente.

On peut s’illusionner en pensant que la compréhension de ce qui motive le choix du partenaire empêchera justement la répétition, comme si la conscience d’un processus était suffisante pour y mettre fin.

L’expérience devrait pourtant nous permettre de percevoir combien il est difficile de changer, même quand nous savons parfaitement que nos comportements nous sont néfastes.

Il n’est pas si rare que nous reproduisions les mêmes erreurs au cours de notre vie.

Quant aux quelques conseils très généraux donnés par les auteurs, ils ne seront pas d’un grand secours pour le praticien et pourront même avoir des conséquences négatives dans la mesure où ils peuvent induire la suspicion vis-à-vis de ces épouses, la prise de distance, voire le rejet.

Vous trouverez peut être cet article issu d’une revue médicale un peu trop sexiste ? un peu trop à charge sur la femme du malade alcoolique ? n’hésitez pas à laisser vos commentaires ci-dessous.

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2 réponses sur “La Femme de l’Alcoolique”

  1. Je suis la femme d un alcoolique, et je trouve cette généralisation absurde voire ridicule. Je souffre bien sûr de son addiction, mais je n ai pas honte de lui, car son comportement est dû à une maladie, l alcoolisme, je suis plutôt trop patiente que mante religieuse, refusant d être sa nounou ou son infirmière, n arrivant pas à me faire respecter lors de ses crises alcoolisées, subissant dés violences verbales et même des gifles, je sais que son alcoolisme a sa source dans une enfance difficile avec des violences intra familiales récurrentes, et je pense que provenant moi même d une famille soudée et aimante, c est plutôt cela qui a orienté son choix vers moi, et c est bien lui qui a décidé de notre mariage, après m avoir longtemps « courtisée « , car j étais rétive au début, le trouvant trop dragueur….et je ne me reconnais pas dans le tableau ci dessus, moi, je ne demande que cela , qu il soit hospitalisé pour désintoxication et je sais que je n aurais aucun mal à m accoutumer à son abstinence car je ne trouve aucun bénéfice secondaire à être « co dépendante « 

  2. C’est une vision intéressante de la co dépendance, on la voit rarement avec cet oeil là et pourtant, ce rôle de mante religieuse est très fréquent dans les familles où il y a un malade alcoolique.
    Toute la famille trouve son équilibre autour du malade alcoolique, quand celui-ci se soigne, la famille ne s’y retrouve plus et très souvent se sépare, à moins que le conjoint co dépendant ne se fasse soigner aussi.
    http://forumonsaide.forumactif.org/

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