Faire un sevrage d’alcool à l’hôpital

Environ un tiers des patients présentant une dépendance à l’alcool n’ont aucun symptôme de sevrage à l’arrêt de l’alcool et la plupart des sevrages sont d’intensité faible et ne présentent aucune difficulté s’ils sont repérés et traités tôt.

Sevrage à l'alcool à l'hôpital
Sevrage à l’alcool à l’hôpital

Cependant, comme mentionné plus haut, les complications peuvent être graves voire létales. Il est par conséquent indispensable de savoir mesurer les symptômes de sevrage afin d’en repérer les complications graves, et mettre en place la prise en charge adaptée.

 Modalités de sevrage

Le sevrage de l’alcool est proposé aux patients dépendants qui souhaitent arrêter au moins temporairement leur usage d’alcool.

Le sevrage de l’alcool peut être réalisé en ambulatoire ou lors d’une hospitalisation.

Dans l’idéal, un sevrage d’alcool doit être planifié, et s’inscrire dans le cadre d’un projet addictologique global.

Le sevrage ambulatoire est réalisé le plus souvent sous la surveillance médicale du médecin traitant ou d’une équipe addictologique.

Celles-ci sont regroupées au sein des CSAPA (centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie) ou des consultations hospitalières, présents sur l’ensemble du territoire.

En l’absence de contre-indication au sevrage ambulatoire d’alcool, celui-ci devrait être préféré pour des raisons de confort du patient et des raisons de coûts.

 

Les contre-indications au sevrage ambulatoire sont :

  • antécédent de complication de sevrage (delirium tremens ou convulsions de sevrage) ;
  • une dépendance sévère (ex : symptômes de sevrage matinaux intenses, CDA > 30 verres-standard par jour) ;
  • une dépendance aux benzodiazépines associée ;
  • l’échec des tentatives de sevrage ambulatoire ;
  • un environnement social défavorable (situation de précarité, conflits familiaux…) ;
  • un terrain vulnérable (pathologie médicale concomitante, psychiatrique ou non, sujet âgé, femme enceinte).

Les unités de soins addictologiques ont pour but, au-delà du sevrage, d’aider le patient à acquérir les moyens de maintenir son arrêt de l’usage dans de bonnes conditions et à évoluer vers une meilleure qualité de vie.

Elles proposent des programmes thérapeutiques allant de quelques semaines jusqu’à quelques mois.

Les équipes sont pluridisciplinaires et sont composées de médecins, infirmiers, assistants sociaux, psychologues, diététiciens, ergothérapeutes, animateurs, éducateurs,…

Le sevrage comprend :

  • un arrêt de l’usage d’alcool ;
  • s’il y a lieu, au vu de l’état clinique du patient et de ses antécédents, utiliser une benzodiazépine à demi-vie longue (diazépam ou valium) à dose progressivement décroissante pour diminuer les signes de sevrage et prévenir les crises convulsives, en évitant de dépasser 7 à 10 jours de traitement afin de diminuer le risque de dépendance.

En cas de contre-indication aux benzodiazépines (insuffisance hépato-cellulaire, insuffisance respiratoire), le sevrage se fait en hospitalisation, avec administration de benzodiazépine en cas de besoin uniquement, réévaluée à chaque prise ;

  • une surveillance du contrôle du syndrome de sevrage ;
  • une hydratation orale (2 à 3 l/24 h) ;
  • une supplémentation orale systématique en vitamine B1 ;
  • une correction des troubles hydro-électrolytiques si besoin

Prise en charge des complications de sevrage

Le delirium tremens

Hospitalisation au mieux en soins intensifs ou continus, surtout si pathologies médicales nonpsychiatriques associées, examen clinique.

Chambre éclairée, calme, passage régulier des soignants à visée de réassurance et de surveillance.

Réhydratation intraveineuse et correction des troubles hydro-électrolytiques.

Traitement vitaminique par vitamine B1 à forte dose avant toute perfusion de sérum glucosé et poly-vitamines,

Benzodiazépine à durée de vie longue (diazepam) à hautes doses par voie intraveineuse jusqu’à sédation.

Surveillance (constante, hydratation, ionogramme sanguin, créatininémie, phosphorémie).

Les crises convulsives

Le traitement reste celui du sevrage.

Les crises convulsives de sevrage ne justifient pas un traitement anti-comitial au long cours.

Toute suspicion d’encéphalopathie de Gayet Wernicke doit faire réaliser en urgence une supplémentation en vitamine B1 intraveineuse.

Qu’en pensez vous ? envie d’en débattre ? Alors n’hésitez pas à laisser vos commentaires ci-dessous  :

 

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