La prise en charge du Syndrome de Sevrage aigu chez le Malade Alcoolique

Les personnes physiquement dépendantes de l’alcool sont susceptibles de souffrir de symptômes de sevrage entre 6 et 24 heures après la dernière consommation d’alcool.

Benzodiazepine - prise en charge du syndrome de sevrage à l'alcool
Benzodiazepine – prise en charge du syndrome de sevrage à l’alcool

Le syndrome de sevrage alcoolique débute lorsque le taux d’alcoolémie diminue et devient souvent cliniquement apparent avant même que ce taux n’atteigne zéro.

Le syndrome de sevrage de l’alcool est habituellement d’intensité limitée et sans complication.

Il régresse en cinq jours et ne nécessite qu’une intervention minimale, voire pas d’intervention. Cependant, cela dépend en grande partie du mode de consommation (fréquence, durée et quantité) de chaque individu.

Chez la plupart des individus, le syndrome de sevrage alcoolique est transitoire et sans conséquence alors que chez d’autres, il s’aggrave pendant les premières 48 à 72 heures d’abstinence.

Le patient devient hautement vulnérable au stress psychologique et physiologique pendant cette période.

Les symptômes de sevrage de l’alcool peuvent être présents même lorsque le buveur a un taux d’alcoolémie élevé.

Le taux d’alcoolémie n’a pas besoin d’être à zéro pour que ceux-ci apparaissent.

 

De fait, une proportion significative d’alcoolodépendants souffre des symptômes de sevrage avant que leur taux d’alcoolémie n’atteigne zéro.

Le traitement des patients ne doit donc pas être uniquement basé sur le taux d’alcoolémie.

Des échelles d’évaluation des symptômes de sevrage doivent être aussi utilisées pour évaluer leur niveau.

La sévérité du syndrome de sevrage dépend aussi du nombre de verres consommés par jour, du nombre et de la sévérité des épisodes de sevrage antérieurs, du degré de mésusage des sédatifs et somnifères et de la comorbidité.

Les convulsions induites par le sevrage peuvent se produire 12 à 48 heures après la consommation du dernier verre.

Un patient ayant des antécédents de convulsions de sevrage doit bénéficier d’un traitement médicamenteux, de préférence par une dose de charge de diazépam (Valium)  dans certains cas par voie intraveineuse.

Certains patients peuvent présenter des hallucinations qui peuvent survenir à n’importe quel stade de la phase de sevrage alcoolique.

Un faible pourcentage de patients présente un délire au cours des premières 24 à 48 heures suivant l’arrêt de la consommation.

Le delirium tremens est de loin la complication la plus grave du sevrage alcoolique pouvant mettre en jeu le pronostic vital.

Il survient habituellement au cours des 48 à 96 heures qui suivent la consommation du dernier verre et doit être surveillé.

Les patients à risque de syndrome de Wernicke-Korsakoff doivent être traités par une dose de thiamine de 100 mg par voie parentérale avant toute injection de glucose.

Il existe plusieurs protocoles de prise en charge du syndrome de sevrage alcoolique. La prise en charge du syndrome de sevrage à domicile est indiquée lorsqu’il n’y a pas de symptômes sévères de sevrage, ni d’antécédents de syndrome de sevrage sévère ; lorsque l’entourage (famille ou amis) a la possibilité d’aider et de s’occuper du patient et que ce dernier ne souffre d’aucune comorbidité médicale ou psychiatrique.

Dans le cadre d’un sevrage ambulatoire, les patients sont suivis régulièrement par le médecin. L’hospitalisation est nécessaire pour les patients ayant des antécédents de symptômes de sevrage alcoolique sévères et/ou présentant une comorbidité médicale ou psychiatrique connue et/ou dont le milieu de vie est défavorable.

Le diazépam est recommandé comme traitement de première ligne pour traiter le sevrage, étant donné sa demi-vie relativement longue et son efficacité prouvée.

Le diazépam peut être administré en dose de charge de 20 mg toutes les deux heures jusqu’à ce que le syndrome de sevrage s’atténue ou que le patient soit sédaté, après quoi une dose supplémentaire est habituellement inutile.

Cependant, le traitement standard (traitement à heures fixes) implique des doses régulières de diazépam pendant deux à six jours.

La dose de départ habituelle est 10 mg toutes les six heures pendant deux jours.

Une dose de 10 mg supplémentaire peut être administrée si nécessaire, jusqu’à deux fois, diminuée graduellement. La posologie est conduite les jours suivants et ne doit pas être poursuivie au delà du sixième jour pour éviter un risque de dépendance aux benzodiazépines.

L’administration d’alcool, barbituriques, béta-bloquants, clonidine, acamprosate et d’acide gamma-hydroxybutanoate (GHB) n’est pas recommandée pour faciliter le sevrage de l’alcool.

Le Chlormethiazole n’est pas recommandé comme traitement de première intention et peut uniquement être utile aux patients souffrant de symptômes de sevrage sévères.

Les anticonvulsivants ne doivent pas être utilisés en routine, car ils ne sont pas efficaces  dans la prévention des complications du sevrage alcoolique telles que les convulsions.

Cependant, les anticonvulsivants doivent rester accessibles aux patients qui en prennent pour d’autres raisons médicales.

Le recours à des neuroleptiques ou des antipsychotiques doit être réservé aux patients qui souffrent de symptômes hallucinatoires ou paranoïaques pendant le sevrage alcoolique et n’ayant pas répondu à un traitement sédatif conventionnel.

Si les symptômes psychotiques persistent, une évaluation psychiatrique peut être nécessaire. Tous les traitements pharmacologiques doivent être utilisés en association avec une échelle d’évaluation des symptômes de sevrage et stockés dans un endroit sans danger et hors de portée du patient.

Tous les patients souffrant d’un syndrome de sevrage de l’alcool doivent recevoir de la thiamine ainsi qu’un mélange de vitamines par voie orale, quotidiennement, pendant une semaine.

Qu’en pensez vous ? envie d’en débattre ? Alors n’hésitez pas à laisser vos commentaires ci-dessous  :

1 réponse sur “La prise en charge du Syndrome de Sevrage aigu chez le Malade Alcoolique”

  1. Quand on se décide à faire un sevrage, il faut le préparer car c’est un moment dangereux dans l’arrêt de l’alcool.
    En plus de tous les conseils donnés plus haut, il faut boire beaucoup d’eau sucrée, au moins deux litres. L’alcool déshydrate énormément et nous apportait beaucoup de sucre, il faut donc compenser ce manque.
    Il est aussi conseillé de prendre du magnésium et de la vitamine B, complètement détruite par l’alcool. Le magnésium est une aide importante au sevrage. Il aide aussi le corps à se reconstituer et agit en bien sur notre moral. la fatigue liée au sevrage est moins importante avec le magnésium. La vitamine B aide le magnésium à se fixer et sert aussi à éviter des troubles neurologiques comme le syndrome de Korsakoff.

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