L’apport de la thérapie familiale systémique dans l’alcoolisme

Les travaux sur la communication nous ont permis de comprendre qu’il est artificiel de vouloir étudier de façon isolée les comportements.

thérapie familiale systémique
thérapie familiale systémique

De fait, et en particulier au sein d’une famille, les comportements sont reliés entre eux, chacun des membres de la famille étant à la fois acteur et réagissant aux comportements des autres qui, à leur tour, ne peuvent pas ne pas répondre, et ainsi de suite.

On entre alors dans un processus circulaire dont il est illusoire de vouloir dire lequel des partenaires de l’interaction en a été l’initiateur, bien que chacun soit en général incapable de percevoir sa propre contribution au processus et attende de l’autre qu’il change.

Dans le cas de l’alcoolisme, celui qui doit changer, c’est à l’évidence le buveur, puisque son comportement est préjudiciable tant pour lui-même que pour son conjoint et ses enfants. Mais, peut-il le faire seul ?

Les études concernant la famille étant toujours par nature rétrospectives, s’appuyant sur ce que l’on peut constater à partir du moment où le patient a été identifié, il est difficile d’affirmer qu’il existait une organisation familiale préalable au surgissement de la pathologie et qui serait en quelque sorte responsable de sa survenue. Il est fort probable que le dysfonctionnement familial que l’on constate se soit mis en place à la suite de l’apparition des symptômes.

Il peut bien sûr exister des facteurs familiaux prédisposant et/ou contribuant à l’émergence du trouble, mais, une fois celui-ci installé, il sera impossible d’agir sur eux, puisque leurs actions se situent dans le passé.

En revanche, ils seront importants à prendre en considération dans la prévention des rechutes.

Ce qu’il est tout à fait envisageable de déterminer dans un premier temps, c’est la nature du fonctionnement familial qui s’est mis en place depuis la survenue de la pathologie et qui peut contribuer à son maintien, pour tenter de la modifier.

 

C’est l’hypothèse défendue par l’école de Palo Alto et qui a été résumée dans la célèbre formule : “Le problème, c’est la solution” (appliquée au problème pour tenter de le résoudre).

Pour les membres de ce courant, la tâche principale de la thérapie est d’amener les patients à renoncer à leurs tentatives inopérantes de solution. Ils impliquent l’entourage en lui demandant comment ses membres ont essayé – en vain – d’aider le patient à interrompre son alcoolisation.

Ces méthodes sont connues et pleines de bon sens: surveiller, contrôler, chercher les bouteilles cachées, se mettre en colère, vérifier le contenu du bar, compter le nombre de verres bus, etc.

Ces efforts sont contre-productifs, car ils reposent sur un paradoxe: “Tu dois oublier ce que je vais te rappeler constamment.” Le thérapeute va alors proposer un changement comportemental à l’entourage, changement consistant en une modification radicale des rôles dans lesquels les partenaires étaient jusque-là coincés.

Il faut insister sur le fait qu’il n’existe pas de recette simple pour l’établissement de la prescription thérapeutique contre-paradoxale et que l’élaboration de celle-ci repose sur une analyse rigoureuse de la situation présentée. Faute de quoi elle serait inévitablement vouée à l’échec.

Conclusion

L’implication de la famille dans la problématique alcoolique est d’une évidence telle qu’il est fondamental d’en tenir compte dans la prise en charge.

S’il est nécessaire d’obtenir sa collaboration pour augmenter les chances de succès, il n’en reste pas moins que la mise en œuvre de stratégies thérapeutiques efficaces ne va pas de soi et se doit de reposer sur des conceptions théoriques éprouvées et, surtout, parfaitement maîtrisées par le clinicien, conceptions que nous n’avons pu que suggérer dans cet article.

Qu’en pensez vous ? envie d’en débattre ? des questions ? Alors n’hésitez pas à laisser vos commentaires ci-dessous :

1 réponse sur “L’apport de la thérapie familiale systémique dans l’alcoolisme”

  1. AU SU ET AU VU September 1, 2018

    Revenu à plus de lucidité depuis son décès je cherche et je trouve tout ceci :
    L’entourage du malade est un interlocuteur essentiel. Il est nécessaire de considérer l’environnement pour améliorer le suivi de la personne.
    « On oublie que c’est très souvent l’entourage qui a introduit le malade alcoolique dans les circuits de guérison en prenant contact le premier avec le corps médical ou avec les associations d’anciens buveurs et que, si on voulait bien l’informer et l’aider lui-même, il deviendrait en mesure de les seconder…
    La nécessité d’un travail préliminaire d’accueil et d’accompagnement de l’entourage quand il apporte sa plainte et sa demande à propos de l’autre et pour l’autre.

    Constats pertinents d’une nécessité avérée.
    Ne faut-il pas les confronter à la réalité de l’offre de soins et au comportement de nombreuses responsabilités médicales.

    Combien de fois j’ai alimenté son mal être, sa souffrance et sa mésestime d’elle-même par manque de savoir
    Sans parler de l’insécurité
    Ai-je seulement su aider et protéger nos enfants.
    Les interfaces entre l’entourage et les soignants, entre le parcours de vie et le parcours de soins, elles étaient réduites dans mon cas au strict minimum.
    Suis-je le seul, je ne crois pas comme moi vous parcourez les forums.
    Dans la caisse de résonance de cette solitude une question me revient sans cesse :
    Combien de pertes de chances.

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