Les répercussions physiques et psychologiques de l’alcoolisme

Les atteintes physiques liées à l’alcool sont nombreuses, diverses et variées.

Les patients ne sont pas tous égaux face à ces alcoolopathies.


D’abord au niveau nerveux, on constate l’apparition d’une polynévrite, d’un syndrome de Korsakoff, d’une démence alcoolique ou encore d’une crise comitiale (surtout lors du sevrage).

Parfois le redoutable delirium tremens, bien que rare, peut néanmoins avoir des conséquences dramatiques.

Ensuite, au niveau hépatique (tout ce qui concerne le foie) : stéatose, hépatite voire cirrhose (avec production d’ascite) sont les pathologies évolutives liées à la consommation éthylique.

Au niveau pancréatique, cela peut avoir des conséquences telles que la pancréatite qui peut engendrer des problèmes glycémiques et donc un diabète, avec ses propres complications.

De même, au niveau tube digestif, l’alcool engendre de nombreux processus néoplasiques.

Le risque est d’autant plus grand lorsque le tabac s’ajoute à la prise d’alcool.

 

Enfin, une consommation régulière et modérée d’alcool est bénéfique pour le système cardio-vasculaire mais l’abus prolongé favorise la mortalité par myocardiopathie, trouble du rythme, hypertension artérielle et accidents vasculaires cérébraux.

Il y a aussi la dépendance physique, qui est l’état dans lequel l’organisme se trouve à la suspension de consommation du produit.

Ces pathologies sont le plus souvent découvertes et prises en charge sans accompagnement addictologique, à l’inverse du tabac.

Il existe également des détériorations physiques visibles telles les érythèmes faciaux, le développement de la sangle abdominale, la dénutrition…

Les désordres psychologiques peuvent être sérieux également.

Les atteintes psychologiques

La dépendance psychique se caractérise par un sentiment de satisfaction et une pulsion psychique nécessitant l’administration répétée d’une substance donnée pour éviter un malaise.

Mais lors de l’usage de drogues ou d’alcool, une pathologie psychiatrique peut
s’ajouter.

Posant ainsi le diagnostic de maladie duale c’est-à-dire qui comporte une interaction, une réciprocité entre deux choses.

Ou encore, l’existence de comorbidités entre alcool et maladie mentale.

Dans les psychoses par exemple, les psychotropes type cannabis sont davantage utilisés que l’alcool.

L’anxiété, comprenant les troubles obsessionnels compulsifs, les attaques de panique et les phobies, ainsi que la dépression (qu’elle soit secondaire ou préexistante à l’alcoolisation) favorise l’accession au produit éthylique.

En tant que soignant, il sera important de repérer une dépression sous-jacente afin de faire verbaliser le patient en vue de savoir si elle était préexistante à l’alcoolisation.

Dans ce cas, il ne faudra pas attendre pour la traiter.

Les troubles dépressifs peuvent donc représenter un premier frein à une abstinence durable.

En effet, ne se sentant pas mieux sans le produit, la personne ne trouvera pas de réels bénéfices à l’arrêt de la consommation et reprendra facilement un verre pour aller mieux.

Il en va de même pour les troubles du sommeil qui sont des facteurs associés et favorisant l’éthylisme.

C’est pourquoi, les premières soixante-douze heures sont un temps de repos.

Repos provoqué par des thérapeutiques, bénéfique à la prise en charge notamment car l’investissement au sevrage après un temps de répit est ainsi souvent meilleur.

Il est capital de déceler les conséquences de l’alcool en tant que soignant : conséquences directes sur le comportement, l’implication dans la vie (sociale, professionnelle ou familiale), la perception et l’estime de soi (ce qui était le cas du patient de ma situation interpellante).

En effet, un patient fatigué, anxieux ou dépressif risque d’être plus agressif, moins investi et donc moins coopératif et acteur des soins.

Enfin, les patients alcoolo-dépendants doivent lutter par moment contre le craving, c’est-à-dire l’envie irrépressible voire le besoin de consommer qui ne dure la plus part du temps que quelques minutes mais qui peut être intense et difficile à gérer.

En effet, il reflète les besoins du corps et de ce fait, repose sur une base biologique bien qu’il soit déclenché également par des signaux environnementaux.

Il est très important que les patients connaissent et puissent s’armer contre ce phénomène, par exemple grâce à l’éducation thérapeutique découlant du rôle infirmier.

Et au niveau social

La solitude est souvent présente autour de la pathologie éthylique, celle-ci pouvant être liée à la perte d’un emploi et donc au chômage entraînant une grande précarité.

Certains sont aussi en situation de surendettement.

Ces échecs professionnels et économiques poussent les personnes à s’isoler, par honte, par non acceptation ou autre.

Certains ont alors plus de facilité à se réfugier dans une addiction.

C’est pourquoi il nous faut être vigilants et savoir proposer l’intervention d’une
assistance sociale afin d’aider ces patients à retrouver un certain équilibre social.

La prépondérance de la pathologie alcoolique nous oblige à nous intéresser aux solutions qui peuvent être mises en œuvre.

1 réponse sur “Les répercussions physiques et psychologiques de l’alcoolisme”

  1. Le problème de la dépression, liée très souvent à la maladie alcoolique est un sujet à regarder de près car on trouve deux cas:
    -la dépression antérieure à la maladie alcoolique, le malade boit pour soigner sa dépression.
    -la dépression postérieure à la consommation d’alcool, dépression causée justement par l’alcool qui devient à la longue un élément dépressiogène , l’alcool à lui seul peut causer une très grave dépression qui disparaît dés qu’on arrête l’alcool, ce qui a été mon cas…
    Il est donc important , à mon avis de réussir à distinguer à quelle sorte de dépression on s’adresse..

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