Les sept piliers de la sagesse alcoolique

Veuillez trouver ci dessous un texte qui synthétise l’ensemble des vecteurs sur lequel il faut agir afin de donner le plus d’outils possible au malade alcoolique.

LES SEPT PILIERS DE LA SAGESSE ALCOOLOGIQUE

1- PILIER SOCIAL.

J’aborde intentionnellement ce chapitre en premier car la prise en compte et la résolution des problèmes sociaux conditionne le succès du traitement .

Le travail.

Le patient a-t’il un travail ? et, dans ce cas, y a t?il des difficultés à ce niveau ? L’équipe doit se mettre en relation, le cas échéant, avec l’assistante sociale, le médecin du travail ou une association d’anciens buveurs travaillant au sein de l’entreprise.

Le maintien de l’activité professionnelle est fondamental, particulièrement de nos jours, en cas de menace de licenciement, il est parfois possible de négocier avec l’employeur une période d’essai pendant laquelle on va « donner une dernière chance » à l’employé.

Quand il n’a pas d’emploi, il faut vérifier l’inscrïption à l’ANPE, la perception d’allocations, déculpabiliser le patient chômeur et valoriser la « reconquête » d’un emploi.

 

Les finances.

Beaucoup de nos patients présentent des situations financières très dégradées avec des dettes importantes.

Les organismes de crédit et les promoteurs incitent des gens peu informés à souscrire des emprunts bien au delà de leurs capacités de remboursement.

Il est essentiel d’envisager des plans de redressement, ceci en relation avec les services sociaux, car une psychothérapie et un traitement médical sont complètement illusoires chez une personne écrasée de dettes.

La justice.

Certains patients nous sont adressés en raison de conduite délictueuse (alcoolémie positive au volant, acte médico?légaux), il est parfois nécessaire de les assister dans ce domaine.

Nombreuses aussi sont les procédures de divorce où il est important d’essayer de limiter les conflits et d’encourager les solutions simplifiées type consentement mutuel.

2- PILIER PSYCHOLOGIQUE.

La prise en charge psychologique de la pathologie alcoolique est bien évidemment essentielle.

Elle va du soutien léger du patient et souvent de son conjoint à la psychothérapie proprement dite pratiquée par un psychologue ou un psychiatre dans le but d’amener à une prise de conscience des mécanismes de l’alcoolisation et de lutter contre celle ci.

Cette thérapeutique amenant souvent une certaine frustration, il est important que d’autres membres de l’équipe ou un mouvement d’anciens buveurs jouent un rôle rassurant par rapport au patient.

3- PILIER FAMILIAL.

La famille et particulièrement le conjoint souffre également à cause de l’alcool.

Le patient alcoolique est souvent amené à renoncer en partie à son rôle au sein du groupe, il va donc falloir redéfinir de nouvelles relations et de nouveaux rôles pour chacun, sans l’alcool.

Il est néanmoins un principe essentiel : à l’exception d’un premier entretien où on ne connaît pas la personne, on ne doit en aucun cas recevoir les membres de la famille ou de l’entourage en l’absence du patient afin d’éviter les « non dits » toujours préjudiciables à la relation de confiance, il est toujours possible d’orienter un conjoint ou un enfant qui souffre vers un soignant extérieur

4- PILIER CORPOREL.

Le malade alcoolique fait souffrir son corps,il l’oublie, parfois le rejette,
un travail de «restauration narcissique » va permettre une nouvelle harmonie .

L’action se développe dans trois directions :

  • I’esthétique,
  • le sport (si possible celui que le patient pratiquait précédemment)
  • la sexualité très souvent perturbée lorsqu’il existe un problème d’alcool avec perte d’intérêt, absence de contraception, absence de surveillance etc…

Il s’agit là d’une dimension importante de la vie relationnelle qui doit être abordée avec un maximum de tact.

5- PILIER ASSOCIATIF (LES GROUPES).

L’apprentissage d’une nouvelle vie sociale est favorisé par la participation à des activités de groupe :

– groupe de parole au sein d’une structure de soins en présence de soignants.

– groupe d’activité (groupe piscine par exemple).

– groupe de psychothérapie. Il est indispensable qu’il soit animé par un thérapeute bien formé.

– mouvement dits d’anciens buveurs, ils sont très nombreux, il est souhaitable qu’ils restent indépendants des équipes soignantes. Les patients feront leurs choix en fonction de leurs affinités et leurs options philosophiques.

Le caractère amical, la prise de responsabilité au sein de ces associations, l’entraide et la solidarité sont autant de facteurs favorables.

L’adhésion à ce type d’activité permet également au patient de garder en mémoire, pendant longtemps, qu’il a un problème avec l’alcool sans prolonger au delà du nécessaire des consultations qui perpétuent l’idée de maladie .

Les anciens buveurs sont les alliés naturels et souvent indispensables des soignants.

6-PILIER CULTUREL.

La culture est la connaissance du monde qui nous entoure et un moyen de se l’approprier pour y vivre mieux. Il ne s’agit pas d’une approche élitiste de l’alcoologie, mais de donner à chacun les moyens de se valoriser et de choisir ses objectifs.

Les outils sont les ateliers thérapeutiques (écriture, musique, arts plastiques) mais aussi
leur prolongement associatif (bibliothèque, club de théâtre, ciné-club, journal, etc…)
Maîtriser un moyen de communication sur un plan culturel ou artistique est souvent le meilleur moyen pour savoir ensuite l’utiliser dans sa vie.

7 – PILIER MEDICAL

Le traitement médical va souvent rythmer l’accompagnement, il comprend deux dimensions complémentaires :

le diagnostic : type de consommation, gravité, existence de complications.

le traitement: sevrage, maintien de l’abstinence, traitement des complications, traitement psychotrope . Il a un rôle charnière, mais n’a de sens que quand tous les autres éléments sont en place.

Extraits de « La maladie alcoolique » Dr P. Guibé – A.N.P.A.A

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