De l’usage au mésusage de l’alcool

Avant toute chose, il faut préciser que les divers seuils existants ne sont que des indices de repérage de consommation. Ils ne suffisent pas à diagnostiquer une alcoolo-dépendance.

Repérage du mésusage d’alcool en population générale
Repérage du mésusage d’alcool en population générale

En effet, ces seuils ne prennent pas tous en compte l’âge, le niveau de santé, le sexe, le mode de consommation, etc …

J’ai donc choisi celui de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) car il est l’un des plus utilisés.

D’après l’OMS, il existe plusieurs types de consommation :

– d’abord l’usage occasionnel (qui ne doit pas dépasser quatre verres par occasion) ;

– puis l’usage régulier qui correspond à vingt-et-un verres (soit dix grammes d’alcool) par semaine pour l’homme contre quatorze pour la femme.

Voir notre article : Alcoolisations ponctuelles ou répétitives

Mais l’OMS recommande en parallèle de s’abstenir au moins un jour par semaine de toute prise.

 

Certains précisent qu’il ne faut pas que cette abstention soit forcée ni entraîne un manque ou des difficultés.

Ces seuils n’assurent pas avec certitude l’absence de tout risque mais sont des compromis entre, d’une part un risque considéré comme acceptable individuellement et socialement, et d’autre part la place de l’alcool dans la société et les effets de sa consommation modérée.

En ce qui concerne le mésusage de l’alcool, il s’agit de l’usage abusif ou détourné.

Il faut distinguer :

– l’usage dit à risque, c’est-à-dire supérieur au seuil de l’OMS, sans dommage (médical, social ou physique) ;

– l’usage nocif, sans dépendance mais avec présence d’au moins un dommage (physique, social ou médical) ;

– et enfin l’usage avec dépendance, c’est-à-dire « la perte de la maîtrise de la
consommation.

La dépendance est une notion qui est aussi définie comme  l’assujettissement à une drogue, à une substance toxicomanogène.

Ainsi, l’alcoolisme est-il décrit par Magnus Huss en 1848 (médecin suédois).

Il désigne « l’ensemble des troubles engendrés par l’abus d’éthanol».

Alors que pour le docteur Fouquet en 1966, c’est la «perte de liberté envers l’alcool».

Après 1970, sont joints les troubles du comportement, les manifestations organiques et complications médico-psycho-sociales, dans la définition de l’alcoolisme.

L’alcoolisme apparaît sous plusieurs formes : mondain, festif, le week-end uniquement…

Ce n’est que plus tard que les termes de dépendance physique (présence de signes de sevrage), psychologique (forte appétence à la prise d’alcool sans signe physique à l’arrêt), et les alcoolopathies seront développés.

De nos jours, on utilise plus volontiers le terme de syndrome de dépendance alcoolique.

Cette notion englobe l’ensemble des symptômes et conséquences liés à l’éthanol.

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