Lien entre l’Alcoolisme et la Criminalité

Le rapport entre l’alcoolisme et la criminalité a été souligné depuis longtemps.

Il faut néanmoins distinguer ici entre deux groupes d’infractions : les infractions dites « à connotation alcoolique directe » pour lesquelles la consommation d’alcool constitue un élément de l’infraction, des infractions dites « à connotation alcoolique indirecte » dont la commission est associée pour partie au moins à la consommation d’alcool sans que celle-ci constitue un élément de leur définition.

1) Les infractions à connotation alcoolique directe :

Pour ce type d’infractions la consommation d’alcool est un élément constitutif de l’infraction et la mesure du taux d’alcoolémie est prévue lors de la constatation des faits.

Deux hypothèses doivent ici être mentionnées : le dépassement d’un certain seuil d’alcoolémie lors de la conduite d’un engin motorisé ou l’ivresse publique.

Seule la première hypothèse retiendra notre attention dans la mesure où la seconde est tellement plus appliquée quelle ne figure même plus dans les statistiques pénales publiées.

Au contraire la conduite en état d’ivresse, eu égard à ses conséquences, est le cheval de bataille des gouvernements successifs En effet ont estime que environ 2 à 3 % des conducteurs circulant a dépassé le seuil de tolérance légale.

Ils représentent 10 % des accidents uniquement matériels, 20 % des accidents corporels pour lesquels un contrôle d’alcoolémie a été effectué et 40 % des accidents mortels.

 

Ces résultats expliquent certainement la multiplication des réformes abaissant la tolérance, accroissant les contrôles et la sévérité de la répression.

Ainsi depuis octobre 1990 les OPJ et APJ peuvent soumettre tout conducteur à un éthylotest. De même depuis la loi du 15 septembre 1995 le taux maximal d’alcoolémie tolérée au volant à été abaissé à 0.5 g/l de sang.

Un groupe d’experts de l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM) à préconiser de réaliser une étude d’impact, en France, de l’abaissement du taux d’alcoolémie légal durant les premières années de conduite.

Le gouvernement n’a pas suivi cette recommandation quand à la méthode mais quand au résultat. Il a été mis en place un système de permis à point, les jeunes conducteurs n’étant pas dotés de l’ensemble de leur point sont susceptibles de perdre leur permis à la moindre infraction de ce type.

De même ce groupe d’experts a suggéré, dans la mesure où les conducteurs ont plus peur de l’arrestation que de l’accident, de s’inspirer du modèle de contrôle-sanction scandinave.

Il s’agit d’accroître la perception du risque chez les conducteurs afin de leur faire changer de comportement, c’est le risque subjectif.

Pour cela il faut augmenter le risque d’être véritablement contrôlé, c’est le risque objectif.

Il faut donc réduire l’écart entre ces deux risques, afin qu’un risque objectif soit intériorisé en un risque subjectif, censé modifier le comportement.

L’installation de radars fixes, pour contrôler les excès de vitesse, est un peu inspiré de cette idée mais montre dès à présent ses limites.

Mais en dehors de ces infractions constituées par l’alcool il est possible de s’interroger sur le rôle de l’alcool sur la criminalité en générale.

2) Les infractions à connotation alcoolique indirecte.

Ces infractions seraient notamment dues à l’effet désinhibant de l’alcool. Une enquête menée en 1969 sur des condamnés a permis d’établir une estimation des liens entre des groupes d’infractions et l’alcoolisation chronique ou aiguë de leurs auteurs ou victimes :

Cette enquête réalisée sur un mois n’est certes pas représentative dans la mesure où les comportements d’alcoolisation varient selon les saisons.

Mais ce travail reste néanmoins la référence la plus précise dans le domaine.

Sans avoir de pourcentage précis on considère aujourd’hui que l’alcoolisme est un facteur déterminant pour certaines infractions comme les attentas à la pudeur, les coups et blessures et les homicides, et serait significatif pour les vols et infractions à la législation des stupéfiants.

Dès lors que de nombreux délinquants sont alcooliques il en est déduit qu’il existe une relation statistique entre l’alcoolisme et la délinquance.

Mais Claudine PEREZ-DIAZ nous met en garde sur les lacunes de la méthode, et cite un auteur : si la moitié de la population de Glasgow est saoule le samedi soir, le fait que les agresseurs soient aussi saouls ce soir là ne nous renseigne pas sur le lien entre l’alcool et la délinquance.

Ainsi plutôt que de parler en terme de conséquence il convient plutôt de parler en terme « d’association favorisante ».

Quoiqu’il en soit une concomitance entre alcoolisme et délinquance demeure et appelle une réponse.

Qu’en pensez vous ? envie d’en débattre ? n’hésitez pas à vous exprimer en laissant des commentaires ci-dessous.

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