ASAT, ALAT, Gamma GT et VGM : quelques explications

Les marqueurs biologiques de l’alcoolisme :  De nombreux marqueurs biologiques sont disponibles depuis une trentaine d’année pour le diagnostic et le suivi des consommations excessives d’alcool.

Leurs valeurs prédictives sont en général assez bonnes, mais ne parviennent pas à l’excellence.

Les raisons de cette relative imprécision doivent être discutées. La cause principale est l’hétérogénéité des différentes études qui leur ont été consacrées.

On ne reviendra pas sur la difficulté d’avoir une appréciation correcte des consommations alcooliques, y compris chez des patients “de bonne foi”.

Seules les études menées chez des volontaires “sains” comportent une évaluation fiable des doses, mais bien sûr… il ne s’agit pas d’alcooliques.

Voici les principaux marqueurs biologiques :

Aminotransférases (transaminases)

L’élévation des transaminases n’est pas fréquente chez les buveurs en dehors d’une hépatopathie. Lorsque survient une hépatite alcoolique, l’élévation est fréquente, avec un indice précieux : les ASAT sont plus élevées que les ALAT.

 

En cas de sevrage, la normalisation est rapide quand il n’y a pas d’hépatopathie, lente dans le cas contraire. Marqueur peu sensible, l’élévation des aminotransférases est très peu spécifique, puisque l’obésité, le diabète et un grand nombre d’hépatopathies peuvent entraîner le même niveau d’anomalies.

ASAT mitochondriale

Il existe deux isoenzymes de l’ASAT. Dans le sérum, l’ASAT d’origine cytosolique représente 80 % de l’activité enzymatique.

Dans l’hépatocyte, les proportions sont inversées.

Chez les alcooliques, l’ASAT mitochondriale augmente dans le sérum, par rapport à l’ASAT cytosolique.

On a proposé, sans grand succès pratique, comme indice d’une forte consommation d’alcool, l’augmentation dans le sérum du rapport entre ASAT mitochondriale et activité ASAT totale.

Gamma-glutamyl-transférase (γGT)

Cette enzyme de dosage facile et bon marché est devenu dans le langage courant, synonyme d’alcoolisme.

Effectivement en cas de consommation excessive, l’élévation est précoce. La sensibilité est variable selon le niveau de consommation : 40 à 60 % chez les buveurs excessifs, 70 à 80 % en cas d’hépatopathie alcoolique.

Après sevrage, la valeur de la γGT diminue de 50 % par semaine et se normalise s’il n’y a pas d’hépatopathie chronique.

Dans ce dernier cas, il persiste une élévation permanente de la γGT. Ce fait réduit l’intérêt du dosage pour le suivi d’un sevrage.

La spécificité de la γGT est extrêmement faible, tant il existe de causes d’élévation en dehors de l’alcoolisation : maladies hépatobiliaires non alcooliques, prise de médicaments “inducteurs”(sédatifs, anti-épileptiques), etc.

Sans compter le nombre non négligeable de sujets apparemment normaux, porteurs d’une élévation modérée des γGT et qui souffrent, leur vie durant, chez le médecin du travail, le généraliste, voire chez leur conjoint, d’un soupçon d’abus alcooliques.

Volume globulaire moyen (VGM)

Une surconsommation d’alcool entraîne une macrocytose modérée. Il s’agit d’un effet toxique direct de l’alcool sur l’érythropoïèse, indépendamment de toute carence vitaminique.

La sensibilité du marqueur est de 50 à 80 % selon les études.

En cas de sevrage, la décroissance du VGM se fait au rythme de
la destruction des érythrocytes.

Le premier effet sensible apparaît après trois semaines, et le retour dans la zone normale survient après deux mois.

La spécificité est faible, car des macrocytoses peuvent avoir bien d’autres causes : carences vitaminiques (folates, B12), médicaments antifoliques, hyperréticulocytose, dysérythropoïèse, endocrinopathies.

La prise en compte cumulée de la macrocytose et de l’élévation des γGT qui relèvent chacun de mécanismes d’action différents de l’alcool donne un rendement diagnostique supérieur à chacun des deux marqueurs pris isolément.

 

2 réponses sur “ASAT, ALAT, Gamma GT et VGM : quelques explications”

  1. La transferrine carboxy déficiente (CDT) est très spécifique de la consommation d’alcool dans le sang et en particulier en mettant en avant la consommation chronique.

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