Processus de Changement dans l’Entourage du Malade Alcoolique

Pour l’entourage, «changer soi-même», c’est prendre conscience de ses propres comportements et attitudes vis-à-vis du problème d’alcool. «Changer soi-même», c’est aussi réapprendre à s’occuper de soi et de ses propres besoins.

Processus du Changement dans l'Entourage du Malade Alcoolique
Processus du Changement dans l’Entourage du Malade Alcoolique

S’exprimer plutôt qu’accuser

Il n’est pas toujours facile pour les proches qui souffrent de trouver les mots justes pour dire à la personne dépendante ce qu’ils ressentent et ce qui les inquiète.

Il arrive parfois que les paroles résonnent comme des accusations ou des blâmes et la personne alcoolique se sent alors agressée et peut réagir fortement.

C’est pourquoi il est important pour l’entourage de parler en disant «JE» et non «TU».

Ainsi plutôt que dire «Tu ne m’écoutes jamais», mieux vaut dire «J’aimerais que tu m’écoutes». Mieux vaut dire «Je souffre de te voir ainsi», plutôt que reprocher «Tu me fais du mal».

Un dialogue devient ainsi possible sans que l’un ou l’autre interlocuteur ne se sente coupable ou pris en faute et ne puisse réagir que par la défensive.

Poser des limites plutôt que contrôler

 

Il est inutile de vouloir limiter ou contrôler la consommation d’alcool d’une personne dépendanteSouvent, cela ne fait que renforcer le déni de la maladie.

Par contre, l’entourage peut fixer des limites sur ce qu’il est d’accord de faire et/ou de supporter concernant cette consommation d’alcool : les proches peuvent, par exemple, refuser de monter en voiture avec la personne si elle a consommé, ou peuvent refuser qu’elle s’alcoolise en leur présence.

Responsabiliser plutôt que protéger

On sait que certains proches ne supportent pas de voir souffrir la personne dépendante et essaient de lui venir en aide dans des situations difficiles, de lui trouver des excuses ou de prendre soin d’elle.

Ces attitudes empêchent la personne qui a un problème d’alcool de mesurer véritablement les conséquences de son comportement.

Pour la personne qui boit, il n’y a finalement que peu de désagréments, alors pourquoi vouloir changer?

Il est important de laisser la personne alcoolodépendante prendre ses responsabilités et assumer les suites de sa consommation.

Par exemple, il ne faut pas l’excuser auprès de son employeur si elle arrive en retard au travail ou si elle oublie un rendez-vous chez son médecin. Cela peut sembler parfois difficile mais c’est la seule façon de l’aider à prendre conscience des conséquences de sa consommation.

Chercher du soutien plutôt que cacher

Souvent par honte, l’entourage tait le problème et essaie de le cacher.

Le tabou autour de l’alcoolisme renforce l’image négative de la personne consommatrice et empêche l’entourage de chercher de l’aide.

L’entourage ne doit pas chercher à tout prix à cacher le problème d’alcool car le prix du silence, c’est la souffrance et l’isolement.

Les proches ont le droit – et souvent le besoin – de parler de ce qu’ils vivent et
décider de changer soi-même malgré la maladie de l’autre est un chemin parfois difficile qui demande aide et soutien de son entourage et/ou de professionnels.

Apprendre à prendre soin de soi-même sans craindre d’abandonner l’autre

A force de s’occuper de la personne dépendante, de sa consommation et de ses problèmes, les proches ne peuvent plus vivre une vie normale et ne répondent plus à leurs propres besoins.

L’alcool a envahi la vie de la personne consommatrice mais aussi celle de son entourage. Les proches doivent réapprendre à prendre en compte leurs propres besoins, à se faire plaisir, à vivre en dehors du problème d’alcool et ne pas hésiter à chercher de l’aide et du soutien pour eux-mêmes.

Les caractéristiques attribuées traditionnellement aux femmes et aux hommes ont aussi une influence sur les attitudes vis-à-vis des personnes alcoolodépendantes.

Dans notre société, au rôle et à l’image de la femme sont rattachées des traits tels que sensibilité, disponibilité à aider, émotions, patience, souci du bien-être de ses proches, etc.

Ces compétences sont positives et nécessaires pour aider une personne dépendante, mais avec le risque de mener plus facilement au surinvestissement du problème alcool au détriment de soi-même.

L’homme est traditionnellement considéré comme volontaire, solide et moins sensible. Ces qualités sont précieuses pour aider une personne dépendante de l’alcool, car il est ainsi plus facile de ne pas se laisser envahir par les problèmes de l’autre.

Mais poser des limites et penser à soi ne signifie pas rejeter la personne dépendante. Or, on observe qu’un homme quitte plus souvent sa partenaire alcoolodépendante que l’inverse.

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