Les complications neurologiques de l’alcoolisme

La consommation éthylique chronique entraîne également des répercussions sur le système nerveux, central et périphérique.

Nous allons, dans cet article, considérer les pathologies neurologiques les plus fréquentes, à savoir l’encéphalopathie de Gayet-Wernicke, le syndrome de Korsakoff et la polyneuropathie.

a) Encéphalopathie de Gayet-Wernicke

L’encéphalopathie de Gayet-Wernicke est un trouble neurologique aigu bien connu. La symptomatologie présentée par le patient est la conséquence d’une carence aiguë en thiamine.

Cette carence en vitamine B1 est fréquente parmi les patients présentant un éthylisme chronique.

Elle entre dans un contexte de dénutrition protéino-calorique et vitaminique, au sens large, présente dans cette population. La thiamine est un cofacteur important de nombreuses réactions enzymatiques.

Elle joue notamment un rôle important dans le métabolisme du glucose. La symptomatologie neurologique apparaît d’ailleurs en cas d’utilisation accrue de la thiamine alors que les réserves sont déjà relativement faibles.

Citons, par exemple, la majoration du métabolisme cellulaire en cas de situation de stress, ou bien en cas d’apport plus important en glucose lors d’une réalimentation du patient (souvent à la faveur d’une hospitalisation)

 

La symptomatologie se caractérise par une triade classique :

– encéphalopathie
– ataxie
– dysfonction oculomotrice.

L’encéphalopathie est caractérisée par une désorientation, une certaine indifférence, des troubles de la mémoire d’intensité variable et une inattention.

L’ataxie résulte, le plus souvent, de la combinaison de troubles cérébelleux, d’une dysfonction du système vestibulaire et d’une polyneuropathie.

Les troubles oculomoteurs se caractérisent essentiellement par un nystagmus.

Le diagnostic de l’encéphalopathie de Gayet-Wernicke est avant tout clinique.

Le dosage de la thiamine et l’imagerie par scanner ou IRM permettent de préciser le diagnostic.

Un traitement par injection intraveineuse de thiamine est très efficace dans la résolution des symptômes.

b) Syndrome de Korsakoff

Le syndrome de Korsakoff survient plus tardivement dans le décours d’un éthylisme chronique.

Il se caractérise par des manifestations neurologiques et psychiatriques : troubles importants de la mémoire, avec une mémoire à long terme qui reste cependant préservée, apathie alternant avec des phases possibles d’agitation.

La réalisation d’un examen d’imagerie par scanner et IRM met en évidence une augmentation de la taille des ventricules et un élargissement des sillons qui sont la conséquence d’une diminution du volume du parenchyme cérébral.

Le traitement du syndrome de Korsakoff consiste également dans l’apport en thiamine puisque, d’une manière générale, les patients sont carencés. L’abstinence est également utile à la bonne évolution des patients.

Cependant, arrivés à un certain stade de la maladie, la symptomatologie clinique et les lésions objectivées à l’imagerie deviennent irréversibles.

c) Polyneuropathie

La polyneuropathie éthylique est caractérisée par une atteinte progressive des fibres nerveuses sensitives et motrices.

La symptomatologie prédomine au niveau distal au départ, elle est symétrique, et est caractérisée par des dysesthésies et des crampes musculaires associées à une faiblesse musculaire.

Sur le plan clinique, la diminution puis la perte des réflexes ostéotendineux
sont caractéristiques.

Sur le plan thérapeutique, des compléments en thiamine sont indiqués en cas de carence. Sinon, l’abstinence est aussi de mise afin d’essayer d’améliorer la symptomatologie.

En cas de douleurs neuropathiques, un traitement par antidépresseurs tricycliques, puis par de la gabapentine ou de la prégabaline, peut également être utile.

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