L’Alcool et la Culture Française, le Vin, le poids économique

Les boissons alcoolisées accompagnent notre civilisation depuis des millénaires.

Elles font partie intégrante de notre patrimoine culturel et de nos traditions.

L’alcool et la culture française

L’alcool est associé à tous les événements importants de la vie des Français, qu’ils soient privés ou publics.

On le consomme pour célébrer les victoires, les naissances, les départs (« pot de départ »), les emménagements ou encore les augmentations. Il scelle les alliances lors des mariages, des fiançailles et des signatures de contrat.

Sa consommation accompagne aussi les changements de rythme temporel, tel que le passage d’une année à l’autre (fête de la Saint-Sylvestre ou anniversaires), ou encore le passage de la semaine au week-end, avec les consommations importantes du vendredi et du samedi.

Dans notre pays, boire est aussi associé au geste de trinquer.

Cette coutume nous provient de l’Antiquité, et est en général liée à un vœu positif tel que le célèbre « santé ». Cette idée contradictoire alliant l’alcool à la santé est un héritage des Temps modernes, où l’alcool était considéré comme un remède.

 

Ces différents exemples illustrent la place de l’alcool dans notre société, où il symbolise la réussite, le savoir vivre, la convivialité, le partage et le plaisir.

Il est en général utilisé au cours des divers événements cités plus haut pour son rôle social, qui est de délier les langues et de favoriser la communication.

Toutefois en parallèle de cette image d’alcool festif, il possède un deuxième visage plus sombre. En effet, il est aussi associé à certains malheurs, que ses propriétés psychoactives aident à oublier lors d’une consommation excessive.

Dans la pensée populaire, il accompagne ainsi les ruptures amoureuses, les pertes d’emploi, la solitude ou encore le suicide, et est alors rattaché à une image négative.

Malgré cet aspect sombre, le caractère légal de la consommation d’alcool, la permissivité de notre société et son image largement positive, font que pour la grande majorité des gens, l’alcool n’est pas considéré comme une drogue.

De plus, son omniprésence dans notre société (on le trouve dans les livres, les films, les publicités, les séries, etc.) rend sa consommation totalement banale.

Les non buveurs sont d’ailleurs régulièrement stigmatisés. La consommation d’alcool étant vu comme une marque de savoir vivre, ils sont de ce fait souvent mis à l’écart, ou au contraire extrêmement sollicités.

Paradoxalement, une personne alcoolique ou complètement ivre sera elle aussi exclue et stigmatisée.

L’aspect ambivalent de cette substance ressort encore une fois ici.

En France, la consommation modérée d’alcool est donc la norme : elle renvoie à une image positive, rattachée à la fête, tout en étant source d’insertion sociale.

Le vin : un alcool au statut particulier

Le vin est de loin l’alcool le plus consommé des français. Dans notre pays de tradition viticole, il a d’ailleurs été longtemps tenu éloigné du statut de boisson alcoolique.

Aujourd’hui encore, il est souvent considéré comme différent des autres alcools.

Une enquête menée dans le nord de la France par l’institut Sorgem, auprès de buveurs excessifs au début des années 2000, nous montre ainsi à travers certaines déclarations, que cette idée est encore bien présente dans certains esprits : « je n’achète jamais d’alcool, je n’achète que du vin, du rosé et du rouge (…) ».

De plus, le paradoxe français ou French paradoxe, consolide aussi ce statut particulier. Il s’agit du fait qu’une consommation régulière et modérée de vin permettrait de diminuer le risque des maladies cardiovasculaires ; cette notion étant cependant nuancée par certaines recherches.

Cette différence de statut vient aussi du fait que cet alcool représente aujourd’hui un savoir faire valant à la France une réputation internationale.

Nos vins sont en effet dégustés dans le monde entier, et font même depuis 1955 l’objet d’une science appelée Œnologie. Le vin est d’ailleurs cité comme partie intégrante du « repas gastronomique des Français », inscrit sur la liste du patrimoine immatériel de l’humanité, établie par l’Unesco.

Il est véritablement un emblème de notre pays, si bien qu’un sénateur a même récemment proposé une loi qui l’inscrirait en tant que tel au patrimoine culturel et gastronomique protégé de la France.

Poids économique

L’influence de l’alcool sur notre économie est assez difficile à appréhender. En effet, d’un coté, la production et la commercialisation de ce dernier influent positivement sur l’économie française, et de l’autre, la consommation excessive d’alcool est un souci majeur de santé publique, à l’origine de dépenses non négligeables.

La filière alcool : un atout majeur pour l’économie française

Le nombre d’emplois généré par la filière alcool permet d’apprécier son implication dans l’économie française. Même si ce nombre est difficile à déterminer, on sait que les syndicats professionnels et le ministère de l’Agriculture, estiment à environ 550 000 le nombre d’employés dans la filière vitivinicole, l’Association des brasseurs de France revendique quant à elle 71 000 emplois, et enfin, la Fédération française des spiritueux compte 100 000 emplois.

On estime donc le nombre d’emplois directs ou indirects créés par la filière alcool en France à prés de 721 000.

De plus, en 2011, la France était le premier consommateur et le premier producteur mondial de vin. Cette même année, le chiffre d’affaire des boissons contenant de l’alcool vendues sur le marché intérieur représentait 16,7 milliards d’euros dont 9,3 milliards d’euros pour les vins.

Enfin, en termes de marché mondial, la viticulture française occupe une place de choix élevant le vin au premier poste de nos exportations agro-alimentaires.

On obtient ainsi pour les boissons alcoolisées un chiffre d’affaire total de 28,12 milliards d’euros en 2011.

En ce qui concerne la fiscalité, tout alcool vendu à l’intérieur de notre pays est soumis à des taxes.

Le montant ainsi récolté par le biais de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), des droits sur les volumes consommés (également appelés contribution indirecte ou droits de consommation), et des cotisations de santé publique, revient à l’Etat et à la sécurité sociale. En 2011, prés de 6 milliards d’euros ont ainsi été récoltés.

Enfin, les vignobles français contribuent fortement à la dynamique du tourisme français.

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