Alcoolisme : La Codépendance « le mal de voir boire »

L’alcoolisme est une maladie dont la souffrance est contagieuse au sein de l’entourage.

Ceux qui entourent le malade alcoolique de près ou de loin, conjoints, enfants, amis, collègues, patrons…tous sont à un moment concernés.

Boire de l’alcool est une activité qui organise un mode de relation aux autres.

Lorsque l’alcool reste purement festif, le gros buveur est largement admis mais lorsque l’alcool s’installe quotidiennement en grandes quantités, l’entourage s’inquiète et commence à manifester sa désapprobation.

L’entourage ressent alors une impression de honte, de culpabilité, d’impuissance et d’isolement. Il en devient malade à son tour. Il se sent souvent impuissant à changer la situation et à comprendre ce qu’il se passe.

La situation du dépendant alcoolique crée une situation connexe, celles des proches qui peuvent devenir co-dépendants.

En effet, par amour pour la personne dépendante, mais aussi par peur et pour rendre leur propre vie plus supportable, ses proches la protègent, cautionnent ou cachent tous ses actes.

De ce fait, en voulant aider le malade alcoolique, son entourage renforce son comportement à se réfugier dans la négation du problème. Il s’agit du déni qui est un mécanisme de défense qui permet au malade alcoolique de ne pas voir qu’il est devenu dépendant de l’alcool.

En réagissant ainsi, les proches s’épuisent et leur vie devient accaparée par la consommation de la personne alcoolique.

Ainsi, l’entourage doit se prendre en main, tout d’abord, en se déculpabilisant du problème d‘alcool. Il peut alors jouer un rôle important pour aider la personne alcoolique à prendre conscience de sa maladie. En arrêtant de protéger la personne alcoolique de ses abus, les proches la mettent face à sa réalité, à ses responsabilités, à ses actes.

L’entourage doit également chercher de l’aide pour briser le silence et l’isolement.

C’est en s’ouvrant sur l’extérieur, en parlant avec d’autres personnes que l’entourage réalisera qu’il n’est pas seul face à ces difficultés.

Les groupes d’entraide et le médecin de famille sont alors des ressources importantes. Pour le malade alcoolique aussi, un soutien extérieur est nécessaire. Des groupes d’entraide, des professionnels et le médecin de famille peuvent le guider dans sa décision.

L’entourage du malade est un interlocuteur essentiel. Il est nécessaire de considérer l’environnement pour améliorer le suivi de la personne.

Il faut éviter de mettre à l’écart l’entourage. Entendre la voix de l’entourage d’un malade dépendant est fondamental, aussi bien avant, pendant qu’après le traitement.

C’est au moment où l’entourage s’avoue (presque) vaincu, que la demande d’aide extérieure peut se manifester. En fait, lors de cette demande, les proches ont quelquefois un besoin d’aide aussi grand, voire même plus important que le malade.

Car ce dernier, anesthésié par sa consommation, n’a en général qu’une vision très partielle des dégâts produits par son comportement.

C’est l’entourage, plus lucide, qui touche le fond avant, et qui commence à faire le deuil de son espoir de toute puissance.

Il est donc très important d’écouter les personnes proches d’un malade dépendant, d’entendre leurs souffrances, leurs observations, leurs constats et de les confronter aux perceptions du malade dépendant. Fréquemment, les personnes proches se plaignent que le personnel de santé auquel elles se sont adressées n’ait pas voulu les écouter et les ont laissées seules dans leur désarroi.

Dans le traitement du malade dépendant, les entretiens avec son entourage sont un moment clef.

Il ne faut pas oublier que par personne interposée, l’entourage se trouve lui aussi malade de l’alcool mais les symptômes et les effets sont différents.

Selon Claude SABATIE, alcoologue, fondateur et animateur de groupes d’entourage au sein d’Alcool Assistance la Croix d’Or : « On oublie que c’est très souvent l’entourage qui a introduit le malade alcoolique dans les circuits de guérison en prenant contact le premier avec le corps médical ou avec les associations d’anciens buveurs et que, si on voulait bien l’informer et l’aider lui-même, il deviendrait en mesure de les seconder, à leur demande éventuelle, pour le plus grand bien du malade, au moins tant qu’il ne peut se prendre en charge lui-même ».

Pour aller plus loin, nous vous recommandons vivement la lecture du livre :  Addiction et codépendance: Exercices pour se rétablir

Ce livre répond aux questions que se posent beaucoup de personnes : Est-ce que je suis alcoolique, toxicomane, cyberdépendant(e) ? Est-ce que je suis en “cuite sèche” ? Est-ce que je suis un Enfant-Roi ? Est-ce que je suis dans le déni de mon addiction ? Est-ce qu’on peut s’en sortir ? Comment faire ? En tant que proche d’un addict comment est-ce que je peux l’aider ? Est-ce que je suis codépendant(e) ?

Qu’en pensez vous ? envie d’en débattre ? n’hésitez pas à vous exprimer en laissant des commentaires ci-dessous.

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