Conséquence des Intoxications Alcooliques à l’Adolescence

L’alcool est une substance toxique redoutable à l’origine de nombreux dommages.

Nous verrons dans cet article les conséquences et les complications auxquelles s’exposent les jeunes, lors de ces intoxications alcooliques aiguës, (IAA), qu’elles soient ponctuelles ou répétées.

Intoxications alcooliques aiguës et symptomatologie

Nous présenterons ici les principales manifestations cliniques imputables à l’usage aigu de boissons alcoolisées.

Les premiers effets ressentis sont plutôt plaisants. Dès les premiers verres, le jeune consommateur se sent plus détendu, et s’exprime avec une certaine aisance.

Cette logorrhée qui facilite d’ailleurs le contact social, s’accompagne aussi d’une tendance aux confidences. Parallèlement, un sentiment d’euphorie se met en place, et les jeunes petit à petit désinhibés, acquièrent un capital confiance de plus en plus important.

Le piège réside dans le fait que l’ensemble de ces symptômes ne sont pas toujours correctement évalués par les adolescents, qui passant à côté de ces signes précurseurs, continuent souvent à consommer.

Plus l’alcoolémie augmente, plus le consommateur est en proie à une levée des inhibitions psychologiques, l’amenant parfois à faire ou à dire des choses qu’il n’aurait pas osé en temps normal.

 

L’alcool a aussi des répercussions sur les facultés intellectuelles et physiques.

Pour des taux d’alcoolémie supérieurs à 0,5 gramme par litre, la faculté de jugement se trouve ainsi diminuée, de même que les reflexes, l’acuité visuelle et la capacité de concentration. Une incoordination motrice peut aussi apparaitre à ce stade.

Au delà de 1 gramme par litre, les symptômes précédents s’accentuent et s’accompagnent d’une ataxie, d’une élocution difficile, de perturbations psychosensorielles et de troubles de l’humeur, pouvant se manifester par de l’agressivité, de la tristesse, ou encore par une attitude de repli sur soi.

Des nausées et des vomissements peuvent aussi apparaître, ainsi que des troubles de la mémoire et un état de somnolence. La tendance de l’usager à surestimer ses capacités est accrue à ce stade.

Au delà de 3 grammes par litre, l’alcool présent dans l’organisme peut engrainer des troubles de la conscience pouvant aller jusqu’au coma.

La grande majorité de ces symptômes ont pour particularité d’être spontanément résolutifs dés lors que l’alcool est éliminé de l’organisme ; et même si ce parallèle entre alcoolémie et expression clinique a le mérite d’illustrer clairement et simplement les effets de l’alcool, il est important de rappeler qu’il n’est toutefois qu’approximatif, et qu’il diffère d’un consommateur à l’autre.

Il dépend en effet de la susceptibilité individuelle de chacun et du contexte de l’alcoolisation.

Intoxications alcooliques aiguës et impact cérébral

Depuis quelques années les études scientifiques commencent à s’intéresser aux répercussions des intoxications alcooliques aiguës sur le fonctionnement cérébral de l’adolescent ; et plus particulièrement aux conséquences des modes de consommation qui alternent phases d’alcoolisations excessives et phases d’abstinence.

Au vu des premiers résultats, ces usages souvent considérés comme festifs et anodins, et bien connus de certains jeunes, semblent en réalité être responsables d’effets particulièrement toxiques pour le système nerveux central.

Adolescence et vulnérabilité cérébrale

Le monde scientifique a longtemps considéré que le cerveau achevait sa formation au alentour de l’âge de 12 ans ; mais grâce aux progrès des techniques d’imagerie non invasives, et en particulier de l’imagerie par résonance magnétique, nous savons aujourd’hui que le développement de ce dernier s’effectue en fait jusqu’à environ 25 ans.

Cette maturation se traduit notamment par des réorganisations structurelles, parmi lesquelles on peut observer un élagage synaptique et un renforcement de certaines connexions cérébrales.

Ce développement s’opère au fil des âges selon un gradient postéro-antérieur, laissant ainsi les régions frontales encore en cours de maturation au moment de l’adolescence. Ces dernières d’ailleurs impliquées dans la capacité de jugement et de planification, pourraient partiellement expliquer les comportements à  risque si répandus chez les jeunes.

En termes de toxicité, différentes études menées chez l’animal ont démontré que cette immaturité cérébrale, confère au système nerveux central adolescent une plus grande vulnérabilité vis-à-vis des effets nocifs de l’alcool, que pour le sujet adulte.

Cette nocivité affecte notamment le cortex préfrontal, qui est une structure impliquée dans la prise de décision, le contrôle du comportement, l’organisation et la planification, ainsi que l’hippocampe qui est une région impliquée dans les processus d’apprentissage, de mémorisation et de navigation spatiale.

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