Consommation d’Alcool par les 11-18 ans : les chiffres sont effarants

Parmi les produits psychoactifs consommés à l’adolescence, l’alcool occupe une position singulière de par son expérimentation souvent très précoce et un usage qui s’inscrit dans des pratiques et des comportements collectifs sans pareils.

À l’âge de 11 ans, un jeune sur deux (49,8 %) a déjà goûté une boisson alcoolisée et ils sont huit sur dix à l’âge de 15 ans.

Pour beaucoup d’entre eux, la première consommation s’est déroulée dans un cadre familial, à l’occasion d’une fête ou d’un anniversaire par exemple. Voir notre article : Découverte de l’alcool par les enfants

Cette diffusion rapide de l’alcool dans la population fait de l’adolescence la période quasi exclusive d’expérimentation.

Elle constitue également une phase d’initiation importante, dans la mesure où une large part des expérimentateurs va progressivement continuer à en boire plus ou moins fréquemment.

Avec l’âge, les opportunités de boire se multiplient rapidement et les consommations vont dès lors se répéter et intensifier.

À 15 ans, quatre jeunes sur dix (41,5 %) déclarent avoir consommé de l’alcool au cours du mois précédant l’enquête.

Ensuite, à 17 ans, 12 % des adolescents disent consommer plus de 10 fois par mois de l’alcool, laissant entendre qu’une régularité, voire une habitude est en train de s’installer.

 

La consommation d’alcool est bien plus fréquente parmi les garçons, qui sont trois fois plus nombreux à déclarer boire régulièrement de l’alcool.

À la faveur, peut-être, d’une moindre stigmatisation de l’alcoolisation des femmes, les jeunes filles sont de plus en plus nombreuses à déclarer des comportements d’alcoolisation proches de ceux de leurs homologues masculins.

Pour autant, le cliché qui veut qu’une femme ne doit pas s’alcooliser demeure largement partagé, même parmi les jeunes générations : en 2010, un adolescent de 17 ans sur quatre et une adolescente sur cinq considéraient qu’une « fille ne devait pas boire d’alcool ».

Les niveaux d’usages des jeunes adultes apparaissent comparables à ceux des jeunes de 17 ans. Mais, contrairement aux autres substances, la consommation régulière d’alcool progresse continûment : un quart des 55-64 ans et près d’un tiers des 65-75 ans (31,8 %) consomment de l’alcool plus
de 10 fois dans le mois.

Alcoolisation intensive

Les enquêtes permettent désormais d’étudier différents modes d’alcoolisation, comme les épisodes d’ivresses ou ceux d’alcoolisation ponctuelle importante (API). En effet, à partir du début des années 2000, de nombreux acteurs de prévention ont signalé de notables modifications dans les habitudes de consommation des plus jeunes, avec notamment des phases où ils pouvaient s’alcooliser fortement et rapidement.

Afin d’explorer ces comportements et de mieux les caractériser, les enquêtes ESCAPAD et Baromètre santé ont intégré, à partir de 2005, la question suivante : « Au cours des 30 derniers jours, combien de fois avez-vous bu au moins cinq verres en une seule occasion ? »

Cette question s’attache à caractériser des phases singulières d’alcoolisation intentionnelle : « trop d’alcool et trop vite » (INSERM 2014).

Alors que l’ivresse renvoie à des perceptions subjectives, la notion « d’alcoolisation ponctuelle importante » (API) est plus factuelle : cinq verres ou plus en une seule occasion. Pour évoquer ces modes d’alcoolisation, identifiés au départ parmi les jeunes Anglo-Saxons, on parle parfois de binge drinking.

L’OFDT privilégie pour sa part l’utilisation de la notion d’API, car le terme binge drinking est trop souvent associé à des représentations extrêmes de jeunes « ivres morts ». Or les contextes d’alcoolisation que recouvre le concept d’API peuvent s’avérer très variables, notamment en termes de durée et d’alcoolémie.

En 2014, près de un jeune de 17 ans sur deux a rapporté une API au cours du mois, les garçons plus souvent que les flles (54,6 % vs 42,9 %). Toujours à 17 ans, ils sont un sur cinq à déclarer au moins 3 API dans le mois alors que 2 % en ont connu 10 ou plus.

Parmi les jeunes adultes, cette pratique s’atténue légèrement avec seulement un adulte de 18-25 ans sur trois qui déclare une API.

En revanche, le différentiel entre hommes et femmes s’accentue fortement puisque les premiers sont deux fois plus nombreux à consommer de l’alcool de cette manière.

À l’inverse des usages réguliers et quotidiens d’alcool qui ne cessent de progresser avec l’âge, les API se font de plus en plus rares et ne concernent plus que 23 % des 26-34 ans et 8 % des 65-75 ans.

Cette divergence des modes d’alcoolisation entre adolescents et adultes correspond à des cadres et des contextes de consommation différents, les plus jeunes privilégiant les « soirées » où la norme est de boire beaucoup alors que, pour les seconds, il s’agit davantage de moments confidentiels ou gastronomiques (dîners entre amis par exemple)

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