Couple dans l’alcoolisme, Codépendance et Ménage à 3

La dépendance est le maître-mot en matière d’alcoolisme. Elle ne renvoie pas uniquement aux liens entre l’alcoolique et la bouteille, mais également à ses rapports avec son entourage et principalement avec sa femme.

Mais cette dépendance est réciproque. C’est la codépendance.

« L’épouse du buveur est une victime, personne n’en doute. Alors pourquoi cette martyre, enfin délivrée de son bourreau, vient-elle quelques jours plus tard supplier qu’on le laisse sortir, qu’on le lui rende ? » P. Perrin (1956).

Cette dépendance comporte tous les gages de stabilité, ce mélange d’amour et de haine indispensable à toutes les grandes passions.

Qui dit couple dit pathologie partagée.

L’autre va devenir progressivement dépendant du sujet, lui-même dépendant de l’alcool : c’est la situation de codépendance.

L’entourage familial de l’alcoolique, tout comme le malade lui-même, souffre d’une authentique maladie en rapport avec l’alcool.

Dans une perspective systémique, ce modèle présuppose que les membres d’une famille interagissent les uns avec les autres, ces interactions étant régies par des lois d’équilibre comparables à celles de la physique.

 

Les relations entre l’alcool et la famille, comprises selon le modèle systémique, ne se limitent pas aux effets négatifs de la dépendance sur l’équilibre familial.

L’alcool réduit aussi transitoirement les tensions familiales et accroît paradoxalement la stabilité familiale.

Ainsi l’alcoolisme maintient-il certains modes de relation qui, en retour, maintiennent l’alcoolisme. Comme le patient est dépendant de l’alcool, la famille est dépendante des modalités relationnelles qu’impose la conduite alcoolique d’un de ses membres.

Il faudra comprendre à quoi sert l’alcoolisme dans cette famille, dans ce couple et comment il a pu, pour un temps, être facteur d’équilibre. Alors seulement, il sera peut- être possible d’atteindre un équilibre nouveau où l’alcool sera absent.

Le système alcoolo-centré : un ménage à trois

L’alcool va souvent devenir le troisième partenaire du couple.

Le patient et son conjoint communiquent par le biais de l’alcool qui devient un régulateur de l’intimité du couple. Grâce à la propriété désinhibitrice et anxiolytique de l’alcool, certains vont anesthésier leurs sentiments douloureux de dévalorisation et vont pouvoir s’extérioriser et mettre en acte des désirs, ce qui leur était difficile, voire impossible à l’état sobre.

Avec l’apparition de l’alcoolo-dépendance, la relation entre le sujet et le produit va acquérir une telle intimité qu’elle supplantera celle du couple.

Le couple s’organise alors autour de l’alcool en un véritable système alcoolo-centré où la communication entre les deux est devenue impossible autrement qu’au travers de l’alcool.

Les deux partenaires fonctionnent suivant un mode de complémentarité dans lequel chacun joue sa partition immuable.

Le malade fait des promesses d’arrêt de l’alcool, ne peut les tenir et de ce fait re-promet. Le conjoint profère des menaces de départ, est sur le point de le faire, se fait récupérer par le malade et, parce qu’il est resté, est obligé de re-proférer des menaces.

Il y a d’une part le sujet alcoolophile et d’autre part le sujet alcoolophobe, alternant les rôles de persécuteur et de persécuté selon que le sujet est à jeun ou alcoolisé.

Qu’en pensez vous ? envie d’en débattre ? n’hésitez pas à vous exprimer en laissant des commentaires ci-dessous.

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