Quand le malade alcoolique commence à se poser des questions.

Il se dira, de temps en temps, que, peut-être, sa consommation pourrait bien être un peu excessive. A ce stade, ce questionnement reste du domaine de l’hypothèse ; il n’y a aucune conviction.

Un jour pourtant, sans arrêter pour autant, il admettra que sa consommation est effectivement excessive.

Il recherchera, alors, de l’aide pour comprendre ce qui lui arrive. Tiraillé entre le besoin physique et psychologique d’alcool et le désir d’arrêter, il pèsera le pour et le contre de l’arrêt de la boisson.

Cette phase d’analyse le mènera graduellement, mais pas toujours, vers la mise en place des stratégies qui le conduiront, non sans peine, à l’abstinence. Il pourra alors se dire qu’il peut vivre  » sans alcool « .

Pour atteindre le stade de la guérison, celui du  » hors alcool « , il faudra qu’il se remette totalement en question et que lui et son entourage reprennent la place qui est la sienne dans la famille.

Il devra aussi se réapproprier le temps qu’il passait à se procurer de l’alcool, à le boire et à  » cuver « , en s’occupant utilement de manière aussi plaisante et valorisante que possible.

Ce processus évolutif n’est malheureusement pas à sens unique. Il arrive souvent qu’il y ait des retours en arrière, des accros, des pertes de confiance en ses capacités, des ré-alcoolisations, voire des rechutes qui le ramèneront à l’une des étapes antérieures.

Parmi les incitants qui peuvent provoquer un changement positif, c’est-à-dire, vers l’étape supérieure du modèle représenté ci-dessus qu’est l’abstinence totale et définitive, on trouve classiquement :

 

• Le conjoint menace de divorcer ou divorce.
• L’employeur pose un ultimatum ou licencie le buveur.
• Le médecin annonce un sérieux problème de santé comme un début de cirrhose ou une pancréatite.
• Un retrait de permis de conduire ou un sérieux accident de la circulation.
• Le témoignage d’un buveur guéri.
• Une condamnation judiciaire.
• Le rejet par des amis proches.
• Le sentiment de gêne en rapport à ses actes ou ses oublis.
• La prise de conscience de sa propre déchéance.
• L’envie ou l’orgueil de retrouver l’estime des autres et de grandir dans leur regard, notamment celui de ses proches et, parfois, de ses enfants.

Il faut souligner enfin que ces mêmes incitants peuvent, aussi, avoir l’effet exactement opposé, c’est-à-dire le retour à un état antérieur du modèle, voire à la rechute.

Ainsi, par exemple, si le conjoint veut divorcer, le buveur peut se retrouver dans un état tellement désespéré que, au moins dans un premier temps, son problème de boisson s’amplifiera et il pourra se dire :  » à quoi bon arrêter, ma femme est partie, malgré mes efforts, je n’ai donc plus rien à perdre.  » Ou bien encore, pour certains, l’emploi étant la dernière bouée qui les retenaient à la vie, perdre le gagne-pain équivaut à une condamnation, et là encore, c’est, à nouveau, la descente aux enfers.

http://appel-arlon.net/declic.html

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Témoignage de Ghyslaine Gimenes
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