Pourquoi consomme-t-on de l’alcool ? Raisons et motifs

«Pourquoi une personne consomme-t-elle de l’alcool?» Cette question a déjà été abordée dans des articles précédents, mais voici quelques informations supplémentaires.

La consommation d’alcool est influencée par les éléments les plus divers. Les causes accompagnant cette consommation ne sont pas à chercher seulement chez la personne elle-même.

L’alcool en soi et le contexte, par exemple la place de l’alcool dans notre société ou les conditions structurelles telles que les dispositions légales exercent aussi une influence.

Une personne ayant conscience des causes pouvant contribuer à la consommation d’alcool a davantage de chances de réfléchir de manière critique à une décision de consommer. Il est de plus important d’être attentif au fait que les motifs de consommer de l’alcool comportent des risques différents qui peuvent mener à une consommation plus ou moins forte.

Les facteurs en jeu dans la consommation

Que signife «consommer de l’alcool?»

Il existe diverses façons de consommer: «consommer» peut vouloir dire «essayer» ou signifier qu’une personne boit régulièrement, mais sans problème; cela peut aussi signifer qu’une personne pratique une consommation occasionnelle ou chronique à risque, voire qu’elle est dépendante. Les causes/ raisons de ces modes de consommation sont diverses.

Le fait qu’une personne consomme de l’alcool avec modération, ou de façon dommageable, voire en devient dépendante est en rapport avec les caractéristiques de cette personne, du contexte et de la substance.

 

Ces caractéristiques s’influencent mutuellement. Ainsi, l’effet de l’alcool peut par exemple être influencé par l’état de santé ou des critères génétiques. La manière dont quelqu’un vit les effets de l’alcool peut à son tour influencer la consommation. Ou encore, l’environnement social peut influencer les attitudes des personnes de diverses manières et donc aussi l’attitude vis-à-vis de la consommation d’alcool.

Voici quelques exemples de caractéristiques liées à la personne, au contexte et à la substance qui peuvent avoir une influence:

• Individu: niveau d’information, santé, besoins, désirs, personnalité, attitudes, disposition génétique, expériences de vie, etc. : tout cela peut avoir une influence sur une consommation.

Par exemple, une bonne estime de soi, une faible propension à prendre des risques ou l’aptitude à aborder activement les problèmes protègent contre un usage problématique de l’alcool. Une méconnaissance des risques, une faible aptitude à gérer les conflits, un besoin marqué de vivre des choses intenses («sensation seeking») sont des exemples de risques d’usage problématique de l’alcool.

Les motifs trouvent aussi leur place ici: lorsqu’une personne attend de l’alcool qu’il lui permette de se sentir mieux ou moins mal, cela peut constituer un motif à consommer. (Cette attente dépend des expériences déjà faites, du degré d’information, de ce que l’on a observé chez d’autres, etc.)

• Substance: l’effet produit par l’alcool, son accessibilité (type d’accès, prix), son goût, le volume ingéré, etc. peuvent influencer la consommation. Exemple: plus le prix de l’alcool est bas et plus son accès est facile, plus la probabilité est grande qu’une personne en consomme. Autre exemple: l’alcool est une substance qui peut entraîner une forte dépendance. Plus une personne boit, plus sa probabilité de devenir dépendante est élevée.

• Contexte: la société (valeurs, culture, etc.), la situation familiale et professionnelle, etc. peuvent avoir une influence. La présence de personnes de références chaleureuses et posant des limites claires, un bon climat à l’école ou au travail réduisent le risque de consommation problématique. Des perspectives de développement rares ou mauvaises ou l’absence de relations amicales de confiance sont des exemples de situations qui peuvent accroître le risque d’adopter une consommation problématique.

Motifs de consommation

Le précédent chapitre l’a montré: il existe beaucoup de raisons pour lesquelles on consomme de l’alcool. Les motifs de consommation chez les jeunes évoqués cidessous de façon plus détaillée en font partie.

La recherche sur les motifs de consommation avance l’hypothèse que les gens boivent de l’alcool pour en obtenir des effets spécifques.

Aujourd’hui, les motifs de boire sont fréquemment classés selon deux dimensions: en fonction de la valence (positive ou négative) et de la source (interne ou externe à la personne) des effets escomptés.

La valence positive signifie que l’on amplifie des états émotionnels neutres ou déjà positifs, la valence négative indique qu’on atténue ou évite des sentiments négatifs. Nous obtenons ainsi quatre groupes différents en combinant ces deux critères entre eux (cf. tableau).

Motifs de consommation chez les adolescent(e)s

Une étude sur les comportements de santé des écolières et écoliers (cf. tableau ci-dessous) montre que chez les jeunes de 15 ans, les motifs sociaux et les motifs de renforcement occupent une place importante.

Plus de la moitié des jeunes de 15 ans ont affirmé avoir bu pour mieux profiter d’une soirée, parce que cela fait simplement plaisir ou que cela devient plus amusant lorsqu’on se trouve en compagnie des autres.

Les motifs de «coping» sont en revanche évoqués moins souvent, même si les adolescent-e-s sont tout de même 25% à affirmer par exemple boire (aussi) de l’alcool pour se réconforter, pour oublier des problèmes ou parce que cela les aide lorsqu’ils sont déprimés ou nerveux.

Les motifs de conformité sont rarement cités. Environ un-e élève de 15 ans sur 20 consommant de l’alcool indique avoir bu pour faire partie d’un groupe donné, pour se sentir plus ouvert-e ou être apprécié-e des autres.

Les raisons de consommer sont régies par une série de motifs. Savoir quels motifs jouent un rôle dans la consommation dépend aussi de la situation. Enfin, plus les motifs évoqués sont nombreux, plus la consommation d’alcool est élevée.

Différences liées au genre: les motifs sociaux sont plus souvent présents chez les garçons que chez les filles, pour les motifs de coping, c’est l’inverse.

Il existe d’autres différences entre les genres en ce qui concerne les raisons de consommer de l’alcool: des enquêtes ont ainsi mis en évidence que les filles peuvent aussi considérer que boire de l’alcool est un signe d’égalité des droits.

D’autres études montrent que les garçons sont plus nombreux que les filles à penser que boire de l’alcool rend «cool» et que quelqu’un qui supporte bien l’alcool est fort.

Les motifs et raisons spécifiques de consommation d’alcool chez l’adolescent(e)

Certaines raisons et motifs de consommation jouent un rôle pour les adolescent-e-s et les adultes (par ex. vouloir faire la fête, chercher à se détendre). Mais il existe aussi des motifs typiques de consommation à l’adolescence qui sont liés au stade et aux tâches de développement.

Diverses relations ont été décrites dans ce sens. Par exemple, la consommation d’alcool et d’autres drogues illégales peut servir à se montrer Les raisons d consommer sont régies par une série de motifs. Savoir quels motifs jouent un rôle dans la consommation dépend aussi de la situation.

Enfin, plus les motifs évoqués sont nombreux, plus la consommation d’alcool est élevée. Différences liées au genre: les motifs sociaux sont plus souvent présents chez les garçons que chez les filles, pour les motifs de coping, c’est l’inverse.

Il existe d’autres différences entre les genres en ce qui concerne les raisons de consommer de l’alcool: des enquêtes ont ainsi mis en évidence que les filles peuvent aussi considérer que boire de l’alcool est un signe d’égalité des droits.

D’autres études montrent que les garçons sont plus nombreux que les filles à penser que boire de l’alcool rend «cool» et que quelqu’un qui supporte bien l’alcool est fort, adulte, mais aussi à faire preuve d’anticonformisme.

Elle peut également être une sorte de réaction urgente au stress pouvant résulter des tâches de développement à assumer. Adopter un comportement à risque modéré peut aussi contribuer à la maîtrise des tâches de développement et à l’élargissement des compétences. Enfin, de nombreux auteurs considèrent qu’apprendre à gérer l’alcool fait partie des tâches de développement.

Les motifs des adolescent(e)s pour ne pas consommer d’alcool

Jusqu’à l’âge de 16 ans, il est interdit de vendre ou de servir de l’alcool aux adolescent-e-s. A l’âge de 15 ans, quatre élèves sur cinq ne boivent pas du tout d’alcool ou en consomment moins d’une fois par semaine (chiffres de l’enquête auprès des écoliers et écoliers HBSC, 2006). La non-consommation ou la consommation très occasionnelle est la «norme» à cet âge et doit le rester.

Parmi les motifs qui poussent les adolescent-e-s à ne pas consommer de l’alcool, le plus fréquemment mentionné est «que c’est mauvais pour la santé».

Autres arguments: «parce que je n’aimerais pas être ivre», «parce que c’est trop cher», «parce que je n’aime pas le goût», «parce que mes parents trouvent que ce n’est pas bien ou me l’interdisent» et «parce que je suis trop jeune». (Enquête HBSC, ISPA, 2002)

Motifs et modes de consommation

Le risque de développer une consommation problématique diffère selon les personnes en fonction des raisons pour lesquelles elles consomment.

Si l’alcool sert à améliorer le bien-être (motifs de coping ou de renforcement), le risque de passer à une consommation élevée est plus important que lorsqu’il s’agit de motifs sociaux et de conformité.

• En ce qui concerne les motifs de coping, lorsqu’il s’agit de se défaire de sentiments négatifs, la consommation est plutôt élevée.

• En présence de motifs de renforcement, le risque de consommation élevée existe aussi. Cela vaut tout particulièrement lorsque le but est de s’enivrer. Cela se passe souvent dans un contexte social précis, notamment à l’occasion de fêtes. Il est rare que des adolescent-e-s s’enivrent seul-e-s.

• En général, il semble que les adolescent-e-s qui boivent pour des motifs de conformité consomment de manière plutôt modérée. Cela pourrait cependant dépendre grandement de la quantité d’alcool consommée dans leur contexte propre. Or, si «être conforme» signifie boire autant que les autres, il se peut aussi que la consommation soit importante.

Le tableau ci-dessous précise d’une autre manière sous quelles formes les motifs et les modes de consommation sont liés. Une telle représentation n’est pas exhaustive, elle décrit plutôt des tendances par exemple, un motif contribuant à une consommation menant à l’ivresse peut aussi jouer un rôle dans une consommation chronique importante.

Qu’en pensez vous ? envie d’en débattre ? n’hésitez pas à vous exprimer en laissant des commentaires ci-dessous.

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