Témoignage : le mépris du personnel soignant à l’hôpital à l’égard des alcooliques

J’ai commencé à toucher mon fond lors de mon premier coma éthylique. Je me suis retrouvé en fin de soirée, pas vraiment dans le coma, j’étais encore semi consciente, mais je ne tenais plus debout, j’avais du mal à respirer, une tension très basse et j’avais à fois chaud et froid.

Le docteur est venu est m’a envoyée de suite en gastro-entérologie.


Là, après maints examens j’ai appris que j’avais une stéatose alcoolique, une hépatite alcoolique et que j’avais fait un coma éthylique.

Ils allaient me garder 10 jours, le temps d’un sevrage en fait, mais ça je ne l’ai appris que par la suite.

Nous étions deux femmes alcooliques dans ce service.

Nous étions reléguées toutes les deux au fond du couloir.

On parlait ouvertement de la chambre des alcoolos…

Les médecins qui faisaient leur visite, parlaient devant nous mais comme si nous n’existions pas.

 

Jamais un seul ne nous a demandé notre avis, des précisions ou autre. Ils nous ignoraient ostensiblement.

Il y en a même qui disaient que de toute façon, on boirait dés que l’on quitterait le CHU, qu’un alcoolique ne peut pas se passer d’alcool, ou que l’alcool coûte cher à la sécurité sociale !

Ils ont dit à mon mari sans précaution et avec un certain mépris que j’étais alcoolique gravement atteinte, au point que ma vie pouvait être mise en danger…

Nous n’avons jamais eu un mot de compassion ou d’encouragement de leur part.

Les infirmières étaient nettement plus sympathiques mais se contentaient de nous faire la morale, ce qui prouvait aussi qu’elles ne connaissaient pas la maladie alcoolique.

Ces dix jours d’horreur que j’ai passé à l’hôpital, ce mépris qui renforçait celui que je ressentais déjà pour moi, tout était fait pour que je n’ai que l’envie de reboire vite un verre d’alcool pour oublier tout ça…

Néanmoins je pense que c’est là que j’ai commencé à toucher le fond….

Qu’en pensez vous ? envie d’en débattre ? n’hésitez pas à vous exprimer en laissant des commentaires ci-dessous.

Témoignage de Ghyslaine Gimenes
https://www.facebook.com/ghyslaine.gimenes

4 réponses sur “Témoignage : le mépris du personnel soignant à l’hôpital à l’égard des alcooliques”

  1. En pharmacie quand je demande un médicament ne comportant pas d’alcool, en général, je sens que je leur casse les pieds, ils n’imaginent même pas pourquoi l’alcool dans un médicament peut être dangereux pour moi, certains ont même exprimé leurs doutes à ce sujet… Je suis une emmerdeuse qui leur fait perdre leur temps….

    1. J’ai vécu la même chose en pharmacie ! Un pharmacien m’a rit au nez me disant que ce n’était pas si peu d’alcool dans un sirop que je courais un risque… je lui ai fait comprendre qu’il fallait qu’il change de métier !!! hahaha 🙂

  2. J’ai du apprendre moi même à mon médecin comment fonctionnait la dépendance, elle l’ignorait et elle n’est pas la seule dans le corps médical, il n’y a presque rien sur l’alcoolisme dans leur formation pourtant longue.

  3. Malheureusement la maladie alcoolique est méconnue!!!
    Je travaille en addicto….Et je vois bien que les gens ne connaissent pas ce service….
    Comment pouvons nous être aussi mal renseigné de nos jours en 2018!!!!! Lamentable!!!!
    Cette maladie est un fléau!!!!

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