Qu’est-ce qu’un abus d’alcool ou une consommation nocive pour la santé ?

Qu’est-ce qu’un abus d’alcool ou une consommation nocive pour la santé ? Analysons le cas de Marie-Christine pour tenter de mieux comprendre.

Marie-Christine n’est pas dépendante. Elle le sait. Elle a cherché dans un livre de médecine tous les signes de la dépendance.

Elle ne s’y est pas retrouvée. Elle ne boit pas tous les jours. Elle n’est pas obsédée par l’envie de boire.

Elle garde le contrôle de sa consommation. Ses alcoolisations n’ont lieu que quelques jours par mois, quand elle est en vacances ou en RTT.

Elle tient à ne jamais paraître alcoolisée dans le cabinet de conseil où elle travaille. Marie-Christine, pourtant, ne peut plus conduire sa voiture. Elle a provoqué deux accidents graves alors qu’elle était alcoolisée.

Il lui est arrivé une fois d’aller travailler sous l’emprise de l’alcool. Elle a fait l’objet d’un blâme.

Eléments de réponse : 

• L’abus d’alcool s’applique aux situations dans lesquelles une personne n’est pas dépendante, mais entretient cependant une relation à l’alcool nocive pour sa santé. 

Les critères de l’abus de substance figurent dans la classification américaine du DSM. Ils sont les suivants :

– mode d’utilisation inadéquat de l’alcool conduisant à une altération du fonctionnement ou à une souffrance cliniquement significative, caractérisé par la présence d’au moins une des manifestations suivantes au cours d’une période de 12 mois :

• utilisation répétée de l’alcool conduisant à l’incapacité de remplir des obligations majeures, nau travail, à l’école ou à la maison (par exemple, absences répétées ou mauvaises performances au travail du fait de l’utilisation de l’alcool, absences, exclusions temporaires ou définitives, négligence des enfants ou des tâches ménagères)

• utilisation répétée de l’alcool dans des situations où cela peut-être physiquement dangereux (par exemple conduite d’une voiture ou fonctionnement d’une machine sous l’influence de l’alcool)

• problèmes judiciaires répétés liés à l’utilisation de l’alcool (par exemple arrestation pour comportement anormal en rapport avec la prise d’alcool)

• utilisation de l’alcool malgré des problèmes relationnels ou sociaux persistants causés ou aggravés par les effets de l’alcool (dispute avec le conjoint à propos des conséquences de l’alcool, bagarres)

– l’autre critère est l’absence de symptômes évocateurs d’une dépendance.

• Cette catégorie diagnostique rappelle, s’il en était besoin, qu’il y a plusieurs manières d’entretenir une relation difficile avec l’alcool.

La première est la sujétion telle que la définit la dépendance. La deuxième correspond à l’utilisation nocive et ponctuelle.

Chez certaines personnes, elle est la première étape avant la dépendance. Dans d’autres cas, elle constitue une maladie en elle-même qui n’évolue pas vers la dépendance, mais qui altère gravement la qualité de la vie et la santé.

L’évolution de l’alcoolisme est, selon l’alcoologue américain Marc Schuckit, prédictible comme la plupart des autres maladies médicales ou psychiatriques.

Les femmes ont tendance à rechercher de l’aide plus tôt que les hommes quand elles sont en difficulté avec l’alcool.

Les personnes âgées ont plus d’altérations médicales induites par l’alcool.

Elles souffrent moins de comportement violent. Les adultes ayant une personnalité impulsive ou antisociale sont plus exposés à l’alcoolisme.

L’âge habituel de la première consommation d’alcool est en général de 15 ans.

Cet âge n’est pas très différent chez ceux qui vont ou non devenir dépendants.

La période de forte consommation se situe habituellement entre 18 et 22 ans.

Plus de 60 % des adolescents ont connu une ivresse à l’âge de 18 ans et 30 % ont eu des difficultés à l’école ou au travail à cause de l’alcool.

Chez les personnes à risque, l’abus ou la dépendance à l’alcool apparaissent aux environs de 25 ans. A cet âge là, les personnes sans difficulté avec l’alcool commencent à modérer leur consommation.

Qu’en pensez vous ? envie d’en débattre ? n’hésitez pas à vous exprimer en laissant des commentaires ci-dessous.

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