Alcool : première substance psychoactive consommée en France

L’alcool est la première substance psychoactive consommée dans l’Hexagone. Un homme sur trois et une femme sur neuf en prennent tous les jours, mais cet usage quotidien est très rare chez les 20-25 ans, selon le Baromètre santé de l’INPES. 14 % des hommes et 4 % de femmes présentent un risque de consommation excessive.

L’alcool est la substance psychoactive la plus expérimentée en France.

D’après le Baromètre santé 2000 de l’INPES, seules 2,8 % des personnes de 15 à 75 ans déclarent n’avoir jamais bu aucune boisson alcoolisée (vin, bière, alcool fort ou autres alcools, comme le champagne, cidre, panaché, etc.).

Selon les fréquences d’usage déclarées, quatre types de consommateurs de boissons alcoolisées peuvent être définis : quotidiens (avoir bu tous les jours au cours des douze derniers mois : 20,3% des 15-75 ans), hebdomadaires (avoir bu au moins une fois par semaine : 41,1 %), mensuels et occasionnels (moins d’une fois par semaine : 30,1 %), tandis que 7,9% de la population déclarent n’avoir pas bu d’alcool sur cette période.

L’usage quotidien est presque trois fois plus fréquent parmi les hommes que les femmes (respectivement 29,2 % et 11,7%) et touche essentiellement les générations âgées : très rare chez les 20-25 ans (3,0%), il est commun entre 65 et 75 ans (64,9 % des hommes vs 33,1 % des femmes).

Parmi les 15-75 ans, 14,8 % déclarent avoir connu au moins un épisode d’ivresse au cours des douze derniers mois (22,4 % des hommes vs 7,5 % des femmes). Les ivresses régulières (plus de dix au cours de l’année) concernent 3,8 % des hommes et 0,6 % des femmes.

Au sein de la population masculine, ce sont les 20-25 ans qui sont les plus nombreux à déclarer avoir été ivres au cours de l’année passée (54,2 %), tandis que ce sont les 15- 19 ans parmi les femmes (27,6 %) ; les déclarations deviennent sensiblement plus rares pour les générations plus âgées. Le pic se situe à 20-25 ans avec 7,4 ivresses au cours de l’année parmi les hommes et 3,4 ivresses parmi les femmes.

Jeunes : une consommation de week-end

 

Plus de quatre individus sur dix (41,4 %) déclarent avoir bu de l’alcool le samedi précédant l’enquête : souvent plus importante en quantité que celle de la semaine, cette consommation concerne davantage les jeunes : les hommes de 20-25 ans déclarent avoir bu en moyenne 3,3 verres la veille lorsqu’ils ont bu de l’alcool, contre 5,0 verres le samedi (ces moyennes étant respectivement de 2,0 et 2,7 verres chez les femmes du même âge). Au-delà de 45 ans, consommations du samedi soir et de la veille ne diffèrent plus en quantité.

L’essentiel de la consommation concerne le vin : 18,4 % des 15-75 ans déclarent en avoir consommé tous les jours au cours des douze derniers mois, contre 2,7 % pour la bière, 0,9 % pour les alcools forts et 0,5 % pour les autres alcools.

La bière et les alcools forts ont la préférence des jeunes, alors que c’est le vin qui domine chez les plus âgés.

Risque maximal entre 45 et 54 ans

Il est difficile de brosser un tableau de l’usage problématique à l’aide de ces indicateurs : le Baromètre propose cependant de repérer les personnes présentant un risque d’usage problématique d’alcool, mesuré selon le test Deta : 14,0 % des hommes et 4,1 % des femmes de 15-75 ans présenteraient un tel risque, surtout entre 45 et 54 ans (19,4% des hommes et 5,5 % des femmes).

En revanche, seuls 1,1 % des hommes et 0,3 % des femmes disent avoir eu besoin d’alcool pour se sentir en forme le matin, ce qui peut être considéré comme un signe de dépendance.

Du point de vue régional, les répartitions géographiques, obtenues à partir des déclarations individuelles de consommation, s’accordent mal avec celles provenant des données de mortalité dues à l’alcool ou des données de budget des ménages (revenus, montant et part des dépenses d’achat d’alcool), alors que ces dernières concordent souvent mieux entre elles.

La divergence est particulièrement criante dans le Nord (où l’usage déclaré d’alcool est faible mais la mortalité très élevée, et où les revenus sont faibles et les dépenses liées à l’alcool très importantes), ainsi que dans le Sud-Ouest (où la situation est inverse).

Cela pose la question de l’amélioration des indicateurs d’usage d’alcool et de leur utilisation dans les enquêtes en population générale : il semble nécessaire de mieux décrire les contextes d’usages et de prendre en compte de multiples indicateurs économiques, sociaux et culturels pour avoir une vision précise de la situation.

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