Alcoolisme : halte aux stéréotypes, place à la réalité !

Sujet tabou, l’alcool nous renvoie à des images caricaturales et stéréotypées dont la simple vision permet à chacun de se déculpabiliser, d’échapper à la réalité : « ça, ce n’est pas moi ! » se dit-on….


Aussi pour certains, l’abus d’alcool renvoie à l’image de la « femme déchue » ou du « jeune fêtard », alors que d’autres l’associent au « poivrot » et au « mec paumé ».


Ces clichés, même s’ils correspondent parfois à une certaine réalité, ne représentent, en aucun cas, la majorité de la population concernée par la consommation d’alcool.

Quatre clichés parmi d’autres sur la personne qui a des problèmes avec l’alcool :

le jeune fêtard, une image de « tête brûlée » : c’est le jeune adolescent, « chien-fou » qui fait la fête avec ses copains et pour lequel, chacun à tendance à se dire « ce n’est pas grave, il faut que jeunesse se passe ! ». Pour que les « fêtes soient réussies », mélanges et alcools forts sont au programme : c’est la « défonce du samedi soir » Tout est permis… Le lendemain, tout devrait être fini, et pourtant les accidents, ça n’arrive pas qu’aux autres…

le mari violent, une image brutale : c’est le mari qui rentre tous les soirs chez lui, après un détour au bistrot. Caractériel, autoritaire et violent, il n’hésite pas à crier sur sa femme et ses enfants, voire à les battre… Il finit par perdre son emploi, c’est l’engrenage. Il jure qu’on ne l’y reprendra plus… et pourtant le lendemain, tout recommence…

la femme qui boit, une image infamante : sa détresse peut aller jusqu’à la dépression et l’alcool lui sert de béquille ; elle boit chez elle, en silence et en pleine culpabilité. Son apparence est sévèrement jugée par la société, tant sur le plan moral que physique. Une image qui l’isole dans la clandestinité… mais on ne s’imagine pas comme ça …

le clochard alcoolo-dépendant, une image dégradante : qui ne le connaît pas ? Son regard est embrumé, son corps maigre bedonne, ses mains tremblantes portent le goulot à la bouche, son caractère est irascible quand il est en manque… Il crée un terrain favorable à la cirrhose hépatique et parfois au cancer. Son image fait peur à tous …

 

Réalité : L’alcool : une dépendance, jour après jour, que l’on ne voit pas venir…

Les problèmes liés à l’alcool n’arrivent pas subitement. Il faut plusieurs années avant que ses conséquences n’apparaissent : de l’usage à la dépendance, en passant par l’abus ou l’usage nocif, la progression est insidieuse.

C’est au quotidien que l’on « s’alcoolise » petit à petit. Déjeuners d’affaires suivis de dîners arrosés, cocktails mondains ou bistrots du coin, apéritifs du soir systématiques et chaque fois renouvelés… concourent peu à peu, jour après jour, à nous faire perdre de vue les repères d’une consommation raisonnable.

Boire de façon excessive concerne en fait beaucoup plus de monde que l’on ne croit parce que l’on n’a pas toujours conscience des limites à ne pas dépasser : 3 à 5 millions de Français sont actuellement des consommateurs excessifs.

Mais au fait, qu’est ce qui amène à consommer de l’alcool ? L’excès, c’est quoi ? Les repères, quels sont-ils ? 

Les comportements types de consommation d’alcool  

  • « De l’alcool-initiation à l’alcool-intégration… »

Pour les moins de 12 ans, l’alcool symbolise l’accès au monde des adultes. Cette image sera d’autant plus forte si les parents jouent le rôle d’initiateur.

Toutes les études montrent une corrélation entre la prise d’alcool chez les parents et les enfants. À partir de 14 ans, la consommation d’alcool est le plus souvent conditionnée par le mimétisme social.

Ainsi, entre 12 et 18 ans, le pourcentage de buveurs d’alcool est multiplié par quatre et passe de 17,6 % à 71,5 %

  • « L’alcool-plaisir »

La consommation d’alcool est une habitude festive car elle est associée aux traditions culturelles : la France, producteur de grands vins, n’échappe pas à la règle.

Les consommateurs « d’alcool-plaisir » peuvent être aussi modérés qu’excessifs. Mais ils mettent en avant Epicure et le bien-être de l’instant, au vu de la qualité du produit. Ils cultivent le « bien-boire » et déclarent arrêter de consommer dès la disparition du plaisir physique et/ou mental. 34 % des buveurs déclarent boire par goût.

  • « L’alcool-social ou alcool-mondain »

Comportement très fréquent, il amène facilement à dépasser les limites raisonnables parce qu’il est régulier, insidieux et fait l’objet d’une pression sociale non-dite. Pour les deux types de consommateurs, l’occasion fait le larron :

– le consommateur mondain bénéficie de l’image du connaisseur sélectif mais sa consommation est régulière et excessive,

– la consommation sur le lieu de travail, elle, est plus souvent soumise à la pression sociale qui influence et pousse à la consommation : déjeuners arrosés avec les collègues, pots de service répétés…

40 % des Français avouent « qu’il est souvent difficile de refuser de boire quand on est invité » et 1 sur 4 déclare « boire pour faire comme les autres ».

  • « L’alcool-refuge »

Comportement de déni de la réalité, de protection et souvent d’autodestruction, il repose sur les fonctions psychotropes de l’alcool qui permettent au consommateur d’agir provisoirement sur les symptômes d’angoisse ou de dépression.

Qu’en pensez vous ? envie d’en débattre ? n’hésitez pas à vous exprimer en laissant des commentaires ci-dessous.

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