L’Alcoolisme touche également les séniors !

L’abus d’alcool chez les personnes âgées représente ainsi une question importante de santé publique.

L’organisme supporte particulièrement mal l’alcool dans la sénescence.

La prévention est difficile à mettre en place chez les adultes jeunes. Elle l’est encore davantage chez les personnes âgées où cette question est masquée par une gêne et une pudeur qui tiennent du tabou.

Qui oserait parler à un aïeul « respectable » et « irréprochable » de sa relation à l’alcool s’il n’est pas convaincu qu’en abordant ce sujet, il augmente son espérance de vie et sa qualité de vie ?

Au-delà des quelques exemples que chacun d’entre nous peut rencontrer dans son entourage ou sa vie professionnelle, de nombreuses études récentes tentent de préciser l’ampleur du phénomène, ses conséquences et ses déterminants.

L’information est d’autant plus utile à faire circuler largement que la conduite est cachée ou méconnue. Les hommes ou les femmes en difficulté avec l’alcool n’évoquent pas spontanément leur dépendance.

Le repérage de l’alcoolisation pathologique chez le sujet âgé est pourtant facile. Il n’est pas très différent du repérage diagnostique fait chez l’adulte jeune.

Les principaux signes de la dépendance sont la fixité de la consommation, la perte de contrôle et la sensation de manque quand l’alcool est réduit.

 

Certaines complications de l’abus d’alcool sont spécifiques au sujet âgé. La plus fréquente et souvent la plus grave est le risque de chute et de fracture.

La dépendance aggrave tous les états médicaux pathologiques qui peuvent être présents chez les seniors. Les médicaments qu’ils peuvent être amenés à recevoir pour une pathologie somatique associée interagissent avec l’alcool. ( Voir : Alcool et médicaments chez la personne âgée )

Il peut en résulter des effets indésirables graves. Là encore, on retrouve un risque de chute et de complications médicales.

Tout examen d’un patient âgé doit donc évoquer la question de l’alcool.

L’objectif est de repérer la consommation d’alcool qui était présente à l’adolescence, à l’âge adulte.

La suite de l’entretien évalue l’évolution de cette consommation d’alcool avec le vieillissement. Les antécédents familiaux d’alcoolisme sont eux aussi à étudier.

De nombreuses complications médicales doivent faire évoquer, même si le patient n’en parle pas spontanément, une consommation d’alcool supérieure aux normes sanitaires.

Les principales complications somatiques associées à l’alcool et qui doivent orienter le diagnostic sont l’hypertension, les douleurs digestives, les traumatismes, les cancers du foie, les cancers de l’œsophage et les démences.

Principales manifestations de l’abus ou de la dépendance à l’alcool chez le sujet âgé

Anxiété
• Cardiomyopathie
Cancers
• Cirrhose du foie
• Etat confusionnel
• Dépression
Trouble de l’érection
• Maladies gastro-intestinales
• Hypertension
• Insomnie
Syndrome de Korsakoff
• Déficit nutritionnel
• Ostéoporose
• Chutes à répétition
• Accidents et traumatismes à répétition
• Incurie
• Angiome stellaire
• Perte de poids
Encéphalopathie de Wernicke

Les questions posées au patient lui-même seront complétées par un entretien avec la famille et parfois les amis. Il n’est pas rare que chez les sujets âgés consommant de l’alcool on retrouve aussi une alcoolisation parmi les membres de leur famille.

Une fois le diagnostic de dépendance à l’alcool ou d’abus d’alcool établi, une autre difficulté consiste à trouver un traitement réalisable et acceptable par la personne âgée.

Les aides peuvent être proposées par le médecin généraliste lui-même. Elles peuvent aussi consister en des soins spécialisés en ambulatoire ou en hospitalisation. Les mouvements d’anciens buveurs accueillent particulièrement facilement les personnes âgées.

Les réunions d’information facilitent la prise de conscience de leur difficulté. Celles-ci sont animées par d’anciens malades abstinents depuis un temps plus ou moins long. Ces réunions favorisent la motivation de patients plus réticents
à des approches psychothérapiques ou addictologiques plus classiques ou plus médicales. En cas de désinsertion sociale ou de pathologie somatique sévère, l’hospitalisation reste une possibilité précieuse de soins.

Le traitement est par bien des aspects comparable à celui de l’adulte jeune.

Les conférences de consensus sur le sevrage et le traitement de la dépendance n’identifient pas des prises en charge spécifiques au sujet âgé.

Après le repérage diagnostique à l’aide de l’examen clinique et de l’entretien avec le patient et son entourage, le traitement passe par un sevrage quand un syndrome de dépendance est repéré.

Le patient est informé de la nécessité de ce sevrage et des conséquences somatiques et psychiatriques que provoquerait la poursuite de son alcoolisation. Le sevrage peut se réaliser en ambulatoire ou à l’occasion d’une hospitalisation.

L’indication d’hospitalisation est plus large que chez l’adulte jeune du fait du risque de complications de sevrage (delirium tremens, désorientation temporelle ou hallucinations de sevrage). Le traitement médicamenteux consiste en la prévention de la déshydratation et un traitement par vitaminothérapie B1. Les benzodiazépines seront prescrites à plus faible dose que chez l’adulte jeune.

Qu’en pensez vous ? envie d’en débattre ? n’hésitez pas à vous exprimer en laissant des commentaires ci-dessous.

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