Qu’est ce que le craving ou l’envie irrépressible d’alcool ?

Le Craving peut être justement comme l’indique le titre, une envie irrépressible de consommer de l’alcool. Analysons le cas de Geoffrey pour mieux comprendre ce phénomène.

Geoffrey est littéralement obsédé par l’alcool. Il y pense toute la journée et surtout quand il ne boit pas. Il a du mal à se concentrer sur son travail de graphiste quand il est victime de l’appel de l’alcool.

Il lui arrive d’avoir ce qu’il appelle des visions de bouteilles. Il s’imagine en train de boire. Il pourrait, dans ces moments, se lever au milieu de la nuit ou quitter son travail pour aller boire. Quand il passe devant un café, il s’imagine à quel point il serait agréable de rentrer et de boire un verre.

Quand il voit une publicité dans laquelle des personnes consomment de l’alcool, son envie d’alcool augmente encore. Quand il se sent angoissé, énervé, ou contrarié, il ne peut littéralement plus résister.

Il se jette sur l’alcool. Son envie d’alcool a été à l’origine de nombreuses rechutes. Geoffrey est bien conscient de sa dépendance. Quand il en parle avec son alcoologue, il accepte le fait que l’alcool est mauvais pour sa santé et qu’il ne peut contrôler sa consommation.

Cependant, les envies irrépressibles qui l’envahissent régulièrement lui apparaissent comme des appels auxquels il ne peut résister. Il commence à se connaître et il sait les moments où l’envie d’alcool sera la plus forte.

Eléments de réponse :

• Le craving se définit donc comme l’envie irrépressible d’alcool chez une personne qui en est dépendante.

 

Il traduit l’existence d’un syndrome addictif. Ce craving se retrouve dans toutes les addictions. Il est présent aussi chez les tabagiques, les toxicomanes et en cas de dépendance comportementale.

Il est fréquemment à l’origine de rechutes. Cette envie de boire est l’un des symptômes sur lesquels porte en priorité la psychothérapie.

Les psychothérapies comportementales apprennent ainsi aux dépendants que le craving évolue selon le modèle de la vague. Il connaît son maximum en une heure ou deux et finit toujours par diminuer.

L’objectif de la reconnaissance du craving dans le cadre d’un soin est multiple.

La personne dépendante identifie les situations qui augmentent son craving.

Il peut s’agir de circonstances extérieures (voir des amis consommer de l’alcool, être dans un endroit où on boit de l’alcool…).

Il peut aussi s’agir de déterminants internes comme une apparition d’euphorie ou une tristesse. Les bases biologiques du craving sont maintenant étudiées.

Elles sont probablement en relation avec le système cérébral dit de récompense. Celui-ci est contrôlé par les récepteurs opiacés et par la dopamine.

• Il est possible de mesurer le craving de manière très simple, avec une échelle visuelle analogique. On situe son envie de boire entre 0, pas envie d’alcool et 10, extrêmement envie d’alcool.

• D. Eraldi-Gackiere propose d’analyser et de lutter contre le craving pour aider les personnes en difficulté avec l’alcool.

Il rappelle que le craving, suscité par les indices de l’environnement, est considéré comme un phénomène complexe. Il est contrôlé par des processus cognitifs, émotionnels et physiologiques.

Le premier temps consiste à analyser le craving. Ensuite, certaines psychothérapies exposent les personnes en difficulté avec l’alcool au craving.

Le patient doit se souvenir de situations à risque dans lesquelles il avait particulièrement envie d’alcool.

• D. Eraldi rapporte l’histoire d’un homme de 49 ans, ouvrier, marié, en cure alcoologique après une hospitalisation pour pancréatite.

Sa dépendance s’est développée lorsque son épouse, 12 ans plus tôt, a quitté
le foyer, le laissant avec trois jeunes enfants.

L’alcool, devenu une stratégie d’affrontement de l’angoisse, l’a désinséré socialement. Après 10 ans d’abstinence, le patient s’est senti guéri.

Il s’est autorisé au cours d’une fête à reprendre de l’alcool. La dépendance est réapparue rapidement. Son craving est particulièrement fort lors des pots clôturant les réunions syndicales auxquelles il participe activement. Il a peu confiance en lui.

M. A. craint particulièrement le repas de la réunion syndicale qui a lieu tous les ans. Il est sûr que lors de ce repas l’envie d’alcool va apparaître de manière brutale et imprévisible, comme un processus automatique, physiologique, déclenché par la seule présence de l’alcool.

Sa représentation de l’envie est irrationnelle. Il est sûr qu’il ne pourra pas résister. Il perçoit son craving comme un automatisme d’origine physiologique dont la convivialité est un déterminant essentiel.

M.A., pour mieux affronter son craving, s’imagine dans la situation à risque. Il décrit la salle qu’il connaît, les collègues qui sont face à lui. Chacun discute, un verre à la main. En quelques secondes, il ressent des tensions musculaires, son cœur s’accélère, l’envie de boire est maximale.

Avec le temps, de nombreux aspects de la consommation et du craving deviennent automatiques. Ils rendent difficile la conscience de la présence du risque. Le thérapeute propose à M. A. de faire un arrêt sur image et de revenir
au début de la scène. Cette stratégie l’aide à résister.

Un nouveau scénario se met en place. Il s’imagine, toujours dans la situation à risque, mais capable de dire non à l’alcool.

• A l’étape suivante, M. A. est exposé à la Vodka, son alcool préféré. Il le regarde, il le sent, il le manipule.

Il passe beaucoup de temps devant son verre jusqu’au moment où il résiste mieux. A l’étape suivante, M. A. se concentre sur les changements favorables amenés par l’abstinence et sur les inconvénients d’une réalcoolisation.

Il apprend des stratégies comportementales : il s’isole pour se détendre quand l’envie est trop forte. Grâce à cette exposition, M.A. s’étonne. Le scénario ne s’est pas déroulé comme il l’avait imaginé. L’envie ne l’a pas obligatoirement conduit à reboire.

Qu’en pensez vous ? envie d’en débattre ? n’hésitez pas à vous exprimer en laissant des commentaires ci-dessous.

1 réponse sur “Qu’est ce que le craving ou l’envie irrépressible d’alcool ?”

  1. bonjours ,,,,moi je suis venue ici pour comprendre le carving ,,,car j en ai un depuis 2 jours ,,,,,mais la je prend une biere car j ai pas su resister,,pas grave ca fait 1 mois que je n avais pas bu a part une demi bouteille en soupant l autre semaine ,,,,,mais bon je sentais que si je buvais pas ce soir ,,que je serais en colere ou frustré,,,,comme un enfant qui na pas son bonbon …aussi niaizeux que ca ,,,,merci de me laissé parlé….ca fait du bien ……demain est un autre jours,,,,,pas fier a soir mais fier pour le mois de fait ,,,,,

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *