La dépendance physique, vue à travers les yeux d’une malade alcoolique

La dépendance physique, vu à travers les yeux d’une malade alcoolique, moi même, Ghyslaine Gimenes.

Je n’oublierai jamais le jour où je me suis rendue compte que j’étais dépendante physique

C’était un jour de Novembre, un vent glacial soufflait accompagné de trombes d’eau, un temps où je n’aurais jamais, au grand jamais mis le nez dehors.

Oui, mais là, je n’avais plus d’alcool et il me fallait un verre d’alcool fort pour calmer le mal être physique et psychologique que je ressentais.

Je ne me souviens pas avoir été aussi mal un autre jour.

Je ressentais une dépression extrêmement forte, j’avais envie de vomir, de pleurer, j’avais la tête dans un étau et j’aurais fait n’importe quoi pour avoir de l’alcool.

C’est d’ailleurs ce que j’ai fait, n’ayant pas de véhicule, je suis partie à pied pour trouver de l’alcool , le commerce le plus près était à environ un kilomètre.

Si j’y suis arrivée, complètement frigorifiée et au bord de l’évanouissement….

 

Je n’ai pas pu attendre d’être chez moi pour boire un verre, dés la sortie du magasin, j’ai trouvé un petit bosquet où je me suis cachée pour boire directement à la bouteille.

Tout de suite, la brûlure de l’alcool me redonna la vie… Je me sentais enfin à peu près bien physiquement mais moralement, c’était le désespoir.

Je me suis rendue compte que là, j’étais prisonnière de l’alcool, que je ne pouvais plus m’en passer, que c’était impossible et je me suis demandée où j’allais et comment ça pouvait se finir…

Je ne voyais que le cimetière comme solution.

Personne ne savait que je buvais, je ne pouvais pas en parler, je ne pouvais rien faire que boire encore et encore pour oublier que j’étais perdue, noyée dans ce maudit poison….

Je ne voyais pas de porte de sortie, si ce n’est la mort.

J’ai à nouveau essayé d’arrêter seule, mais je ne tenais pas plus de deux heures sans boire un verre, les malaises recommençaient dés que j’étais en manque…

La puissance de ces malaises est impossible à transcrire, c’est tout simplement l’horreur. On ferait n’importe quoi pour avoir de l’alcool, il n’y a plus que lui qui compte.

Il a fallu que je fasse un coma éthylique et que je sois conduite à l’hôpital pour que la situation se débloque, je ne pouvais plus cacher que j’étais alcoolique, je pouvais enfin en parler, j’allais pouvoir chercher de l’aide, agir pour m’en sortir….

Il m’a pourtant fallu encore un autre coma éthylique pour enfin mettre en place une solution efficace pour moi. C’était il y a plus de vingt ans, mais j’ai l’impression que c’était hier…

Qu’en pensez vous ? envie d’en débattre ? n’hésitez pas à vous exprimer en laissant des commentaires ci-dessous.

Témoignage de Ghyslaine Gimenes
https://www.facebook.com/ghyslaine.gimenes

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *