Peut-on mesurer sa dépendance à l’alcool avec des tests simples ?

Peut-on mesurer sa dépendance avec des tests simples ? Prenons l’exemple de Marc qui veut faire seul le point face à l’alcool et au tabac.

Marc a toujours été un bon vivant. Il a travaillé comme représentant d’une marque d’apéritifs. Il avait l’habitude de repas d’affaires très arrosés.

Il terminait tous ses rendez-vous professionnels par le partage d’un bon vin avec son client.

Marc est aujourd’hui âgé de 68 ans. Il a pris sa retraite depuis quelques années. Il a arrêté de travailler. Il n’a pas pu arrêter de boire.

Il se dit qu’il a gardé son habitude des repas d’affaires, sauf qu’il n’y a maintenant plus d’affaires à négocier. Il supporte de moins en moins l’alcool. Il se sent fatigué après avoir bu.

Son médecin traitant lui a trouvé une tension trop élevée. Il lui a aussi expliqué que sa tension augmentée était probablement due à l’alcool.

Marc voudrait faire le point lui-même sur sa relation à l’alcool.

Il cherche des échelles ou des tests qui l’aideraient à avancer.

 

Il a moins honte de remplir un questionnaire que d’expliquer soit à son médecin traitant, soit à sa famille, la relation qu’il entretient par rapport à l’alcool.

Sur les conseils de son médecin généraliste, il commence à tenir un journal de bord sur ses consommations d’alcool. Il note chaque jour ses consommations. Il remplit ensuite quelques questionnaires qui l’aident à mieux se connaître.

Eléments de réponse :

• Les trois principaux questionnaires sont le CAGE, l’AUDIT et le Fagerström.

Le questionnaire CAGE

• Le questionnaire CAGE dont l’acronyme français est DETA comporte 4 questions :

– Avez-vous déjà ressenti le besoin de Diminuer votre consommation d’alcool ?

– Votre Entourage vous a-t-il déjà fait des remarques au sujet de votre consommation d’alcool ?

– Avez-vous déjà eu l’impression que vous buviez Trop ?

– Avez-vous déjà eu besoin d’Alcool dès le matin pour vous sentir en forme ?

Une réponse positive à deux de ces quatre questions est évocatrice d’une difficulté avec l’alcool.

• Un autre questionnaire est le questionnaire AUDIT (Alcohol Use Disorders Identification Test).

Il comporte 10 questions et peut s’utiliser seul. Il évalue la fréquence des consommations d’alcool, la perte de contrôle face à l’alcool et les conséquences négatives des alcoolisations.

Les questions portent aussi sur le sentiment de culpabilité en relation avec l’alcool, les accidents provoqués par l’alcool, les réactions, les conseils et remarques des médecins traitant et de l’entourage.

Questionnaire AUDIT

(cliquez sur l’image pour l’agrandir)

Le questionnaire AUDIT est un auto-questionnaire qui s’intéresse aux 12 derniers mois écoulés et qui concerne donc les problèmes d’alcool actuels.

Il comprend 10 items, côtés de 0 à 4. Un score ≥ 8 chez l’homme et ≥ 7 chez la femme est évocateur d’un mésusage d’alcool. Un score > 12 chez l’homme et > 11 chez la femme est en faveur d’une dépendance à l’alcool.

Questionnaire de Fagerström

Le questionnaire de Fagerström mesure la dépendance au tabac. Il permet de suivre l’évolution de son manque et de sa consommation de nicotine :

(cliquez sur l’image pour l’agrandir)

En plus des questionnaires, existent des marqueurs biologiques d’alcoolisation excessive. Ils sont par exemple utilisés en médecine du travail ou dans les situations dites de dépistage de masse.

Ces marqueurs biologiques traduisent les effets sur le corps d’une consommation de 5 verres ou plus par jour.

Les principaux marqueurs sont l’enzyme Gamma Glutamyl-Transférase (Gamma GT). Un résultat supérieur à 35 U/l est évocateur d’une consommation d’alcool.

Un autre marqueur est le Volume Globulaire Moyen. En cas de consommation excessive d’alcool, le volume globulaire moyen peut être supérieur à 90 micro-cubes Les enzymes hépatiques (SGOT – SGPT) sont elles aussi modifiées sous l’effet d’une consommation régulière d’alcool.

D’autres enzymes du foie voient leur taux augmenter. C’est le cas des transaminases. Aucun de ces paramètres ne traduit de manière systématique l’existence d’une dépendance à l’alcool. Il existe des faux positifs, c’est à dire des situations dans lesquelles les paramètres biologiques sont modifiés chez une personne qui ne consomme pas d’alcool. Il existe aussi des faux négatifs. Dans ce cas, les paramètres sont normaux en dépit de la présence d’une dépendance à l’alcool.

Qu’en pensez vous ? envie d’en débattre ? n’hésitez pas à vous exprimer en laissant des commentaires ci-dessous.

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