Peut-on vraiment être en difficulté avec l’alcool si on ne boit pas tous les jours ?

Peut-on vraiment être en difficulté avec l’alcool si on ne boit pas tous les jours ? Voici la situation de Clara.

Clara n’imaginerait pas être en difficulté avec l’alcool. Agée de 17 ans, Clara se définit avant tout comme une boute-en-train.

Elle travaille bien dans sa classe de terminale. Elle se destine à une école de commerce. Elle a, malgré tout, depuis un an, une étrange habitude. Tous les vendredis soirs et tous les samedis soirs, elle est ivre.

Elle se prépare à la fête en buvant chez elle quelques verres de Vodka. Ensuite, elle boit du Champagne et elle termine la soirée avec des alcools forts. Le lundi matin, elle est un peu fatiguée par les alcoolisations de la fin de semaine.

Elle n’en passe pas moins toute une semaine sans boire. Elle est sûre qu’elle n’est pas dépendante parce qu’elle n’a pas besoin de boire tous les jours.

Les résultats d’un bilan biologique qu’elle a pratiqué de manière systématique l’ont beaucoup étonnée. Elle y a vu des modifications provoquées par l’alcool.

Elle s’aperçoit également qu’elle ne peut pas du tout se passer de fête ou de fin de semaine sans alcool. En en rediscutant avec l’une de ses amies, elle convient du fait suivant : elle choisit les occasions de sorties en fonction de l’alcool qu’elles lui permettent de boire.

Eléments de réponse :

 

• Les nouveaux critères diagnostiques de la dépendance n’imposent pas une consommation quotidienne. Il est possible d’entretenir une relation de sujétion vis-à-vis de l’alcool même quand on n’en consomme pas tous les jours.

Une nouvelle relation à l’alcool est en train d’apparaître. Celle-ci est particulièrement fréquente chez les adolescents.

Elle consiste en une recherche répétée d’ivresses et plutôt en fin de semaine. Celles-ci sont de véritables shoots conduisant à une perte de contrôle, une désinhibition et des troubles du comportement.

Les jeunes concernés utilisent l’alcool comme une véritable drogue, peu chère et légale. Ils sont aussi dépendants que leurs aînés qui buvaient tous les jours.

Ils ont autant de mal à arrêter leur alcool de fin de semaine que les autres dépendants.

Zaje Harrell, psychologue dans le Michigan, a étudié les déterminants de la consommation d’alcool chez les collégiennes.

Il est apparu que les adolescentes qui buvaient le plus d’alcool au collège étaient celles qui avaient des antécédents familiaux d’alcoolisme.

Zaje Harrell a aussi retrouvé une association entre les symptômes de dépression, les troubles du comportement alimentaire et la tendance à s’alcooliser au collège.

Il existe donc chez la jeune fille une association significative entre la recherche d’ivresse en fin de semaine, le besoin d’ingérer de manière brutale de grandes quantités d’aliments et la tendance à être déprimée.

Ces résultats confirment le fait que la relation à l’alcool est déterminée tout à la fois par des facteurs biologiques comme les antécédents familiaux et le patrimoine génétique, l’environnement et les facteurs psychologiques internes comme la tristesse, la recherche de sensation et l’impulsivité.

Qu’en pensez vous ? envie d’en débattre ? n’hésitez pas à vous exprimer en laissant des commentaires ci-dessous.q

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