Quels sont aujourd’hui les signes de la dépendance à l’alcool ?

Quels sont aujourd’hui les signes de la dépendance à l’alcool ? Analysons le cas de Vincent pour y répondre.

Vincent a commencé à boire le soir avec ses collègues de travail. Agent d’entretien dans une entreprise publique, il appréciait beaucoup les temps de détente partagés avec des collègues vite devenus des amis.


Chacun paie sa tournée à tour de rôle. Les anecdotes fusent. On refait le monde. On se moque de tous ceux qui considèrent l’alcool comme une drogue ou de ceux qui prêchent la modération.

Aucun des amis avec lesquels il termine la journée de travail ne se considère comme dépendant. Pourtant, au fil des années, beaucoup le sont devenus.

Le rendez-vous occasionnel au café est maintenant une étape de la journée qu’ils ne peuvent plus manquer.

La dépendance est apparue subrepticement. Sans le vouloir, sans s’en rendre compte, ils ont augmenté le nombre de tournées. Ils ont trouvé des raisons de fêter avec de plus en plus d’alcool les naissances, les anniversaires, les saints du calendrier. Ils se sont lancés des défis, jouant à savoir qui tiendrait le mieux l’alcool.

Aux réunions du soir ont fini par s’ajouter les apéritifs. Là encore, l’ambiance est conviviale. L’apéritif est bu en groupe. Les doses augmentent doucement.

Ces derniers temps, Vincent tremblait le matinIl avait besoin, pour démarrer sa journée, d’un petit verre d’alcool fort qu’il diluait dans son café. Son corps s’était « habitué » à l’alcool. Sa consommation a fini par devenir très importante, de l’ordre de 10 à 12 verres de boisson alcoolique par jour.

 

Le passage s’est fait très progressivement en cinq ans. Quand Vincent a voulu essayer d’interrompre sa relation à l’alcool, il s’est aperçu qu’il ne pouvait le faire seul. Il a du demander l’avis d’un spécialiste pour arrêter complètement ses rendez-vous avec l’alcool.

Eléments de réponse :

• L’usage addictif d’alcool est habituel dans tous les pays dits développés (Marc Schuckit, 2009). Il est plus bas dans les pays méditerranéens comme la Grèce, l’Italie et Israël.

Il est plus élevé en Russie et en Scandinavie. 80 % des hommes et 60 % des femmes boivent à un moment de leur vie. Sur une année, entre la moitié et deux tiers des individus consomment de l’alcool.

Le risque de difficulté avec l’alcool sur la vie entière est de 20 % chez l’homme avec un risque de 15 % pour l’abus d’alcool et de 10 % pour la dépendance à l’alcool.

Seulement un quart des personnes présentant une difficulté avec l’alcool cherche à se faire aider. Cette proportion est plus élevée chez les femmes. La plupart sont suivies par leur médecin généraliste.

• Les signes de la dépendance à l’alcool sont maintenant bien connus.

Ils figurent dans la plupart des Classifications Internationales des Maladies. La classification américaine du DSM (Diagnostic and Statistical Manual) propose comme critères de dépendance :

Signes psychologiques de dépendance

– l’alcool est pris en quantité plus importante ou pendant une période plus prolongée que prévu (ce critère renvoie à la perte de contrôle),

– il y a un désir persistant ou des efforts infructueux pour diminuer ou contrôler l’utilisation de l’alcool (il est ici fait référence à l’envie irrépressible d’alcool à l’origine de la dépendance),

– beaucoup de temps est passé à des activités nécessaires pour obtenir l’alcool, l’utiliser ou récupérer de ses effets,

– les activités sociales, professionnelles ou de loisirs importantes sont abandonnées ou réduites à cause de l’utilisation de l’alcool (comme toute autre dépendance, la dépendance à l’alcool opère une redistribution des centres d’intérêt au profit d’un produit),

– la consommation d’alcool est poursuivie bien que la personne dépendante sache avoir un problème psychologique ou physique persistant qui a pu être provoqué ou aggravé par l’alcool (c’est ainsi que certains continuent à boire alors que l’alcool a déjà provoqué chez eux une maladie du pancréas ou du foie).

Symptômes de dépendance physiologique

En plus de ces symptômes de dépendance psychologiques, peuvent exister des symptômes de dépendance physique que sont :

– le sevrage (induit par l’arrêt de l’alcool)

– et la tolérance (le fait que l’alcool exerce de moins en moins d’effet ou qu’il est nécessaire d’augmenter les doses pour obtenir le même effet).

• Les critères actuels de la dépendance permettent donc de considérer que l’on entretient une relation addictive à cette substance même quand il n’existe pas de sevrage ou de tolérance.

Les deux indices de dépendance physiologique signent d’une gravité supplémentaire du syndrome addictif.

• Le mode d’installation de la dépendance varie selon les personnes.

Certains consomment très rapidement de grandes quantités d’alcool et deviennent vite dépendants. D’autres voient leur dépendance s’installer insidieusement à la faveur d’habitudes de consommation souvent conviviales qui se révèlent de plus en plus obligatoires et contraignantes.

Qu’en pensez vous ? envie d’en débattre ? n’hésitez pas à vous exprimer en laissant des commentaires ci-dessous.

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