Comment agissent les traitements en alcoologie ?

Comment agissent les traitements en alcoologie ? Pour le comprendre, suivons le cas de Georges qui  a fini par se laisser convaincre de l’utilité d’un traitement.

Georges  se rendait bien compte que finalement il buvait trop. Il s’est demandé auprès de quel soignant il devait faire une démarche pour régler son problème face à l’alcool.

Il s’est tout d’abord renseigné auprès de son médecin généraliste. Celui-ci lui a expliqué qu’il était disposé à l’accompagner dans son sevrage.

Il pouvait aussi engagé un sevrage auprès d’un spécialiste addictologue.

Georges a voulu savoir combien de temps il allait arrêter de travailler et au bout de combien de temps il pourrait reprendre son emploi de chauffeur routier. Il tenait surtout à ne pas être hospitalisé. Georges voulait que ses soins se réalisent uniquement en consultation.

Le médecin généraliste qu’a rencontré Georges lui a dit qu’il était parfaitement d’accord avec cette proposition. Habituellement, les sevrages se font d’abord en consultation.

L’hospitalisation est réservée au cas où plusieurs consultations ont échoué ou aux situations d’urgence médicale ou sociale. Le médecin généraliste de Georges a d’abord passé du temps à lui expliquer sa maladie.

Il a réalisé une information. Il l’a ensuite accompagné vers un changement et a mis en place un suivi à long terme. Les aides proposées à Georges étaient multiples : une psychothérapie, un soutien social, une surveillance médicale.

 

Les médicaments ont également aidé Georges à rester abstinent vis-à-vis de l’alcool.

En France, deux médicaments sont proposés pour l’aide au maintien de l’abstinence. Son médecin généraliste lui en a décrit les effets. Grâce à toutes ces techniques de soins, Georges est maintenant abstinent vis-à-vis de l’alcool. Il a amélioré la qualité de sa vie.

Eléments de réponse

• En dépit d’une perception négative de ces traitements, il apparaît que la plupart des patients sont améliorés par une prise en charge.

50 à 60 % des hommes et des femmes traités réussissent à s’arrêter ou se sentent significativement améliorés dans leur fonctionnement un an après traitement.

Cette amélioration initiale prédit la poursuite de l’amélioration à trois et cinq ans. Les traitements les plus intensifs (consultations rapprochées, hospitalisation, intégration de plusieurs techniques) sont les plus efficaces.

Les patients ayant un problème d’alcool moins sévère bénéficient plus de ces traitements. Le fait d’avoir une mémoire conservée, une bonne confiance en soi et peu d’anxiété ou de dépression améliore aussi le pronostic.

• L’évolution des difficultés avec l’alcool est souvent épisodique.

Les dépendants peuvent arrêter après une crise, rester sobres quelques mois et recommencer à boire. Ils peuvent même, pour un temps, réussir à adopter un comportement d’alcoolisation contrôlée.

En l’absence de traitement, 20 à 30 % des dépendants parviennent à interrompre l’alcool seuls. Les motifs d’interruption sont multiples. Certains arrêtent de boire parce que leur santé se détériore.

D’autres changent de comportement quand ils changent de vie. Les motifs de sevrage spontané peuvent être un nouveau compagnon, un nouveau mari, le fait de devenir père ou mère, un nouveau travail.

• Les différents temps du traitement sont :

– l’identification d’une difficulté
– l’information du patient
– l’intervention brève
– et la prise en charge à long terme.

• Dans la plupart des cas, l’objectif est l’arrêt complet de l’alcool.

Chez les personnes consommant trop d’alcool sans en être dépendants (par exemple plus de 3 verres et demi par jour) une information peut inciter à réduire cette consommation.

• L’information peut être délivrée par tous les soignants. 

Elle motive celui qui est en difficulté avec l’alcool à changer de comportement. Elle expose les risques sans culpabiliser.

Elle encourage au changement. Elle propose des conseils et une série de solutions. Les bons thérapeutes font preuve d’empathie. Ils soutiennent ceux qu’ils rencontrent et les aident à prendre leurs responsabilités.

• L’intervention motivationnelle complète l’information.

Elle s’appuie sur des séances de 15 à 30 minutes. Elle informe une nouvelle fois le patient des dangers de sa consommation et lui fait trouver lui-même les bénéfices qu’il aura à changer. Il est parfois utile de proposer un carnet pour relever son comportement et les étapes du changement.

• Le suivi à long terme permet d’éviter les rechutes. Il aide à rester motivé. Il encourage le changement d’attitude.

Les psychothérapies agissent sur les croyances concernant l’alcool et sur le comportement. La personne en difficulté avec l’alcool apprend de nouveaux comportements pour maintenir l’abstinence et éviter les rechutes.

Les réunions de groupes facilitent ce changement de croyances et de comportements. Elles incitent celui qui est en difficulté à partager son expérience avec d’autres. Il identifie les situations l’exposant à un risque de rechute. Il apprend à les éviter et à rester sobre. Dans les formes les plus graves de dépendance, l’hospitalisation permet une intervention intense sur la motivation.

• Les traitements médicamenteux de l’appétence pour l’alcool.

Trois molécules disposent d’une autorisation de mise sur le marché dans cette indication. Elles aident à résister à l’envie de boire et augmentent la durée du sevrage.

Cela permet d’améliorer le suivi à long terme et de favoriser le blocage des états d’excitation ou de perte de contrôle induits par la consommation d’alcool.

Une autre molécule est également employée. Il s’agit d’un traitement aversif provoquant un effet antabuse.

Qu’en pensez vous ? envie d’en débattre ? n’hésitez pas à vous exprimer en laissant des commentaires ci-dessous.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *