Addiction : maladie dont la prise en charge peut être améliorée

L’addiction est une maladie dont la prévention et la prise en charge peuvent être améliorées, particulièrement en soins primaires, car trop souvent sa représentation provient plus d’une opinion que d’une base scientifique.

Or, les progrès des neurosciences permettent d’approcher sa physiopathologie : une perte du contrôle du désir envahi par le besoin.

L’addiction nécessite la rencontre entre un mode externe de stimulation de plaisir, un individu avec ses vulnérabilités et un environnement facilitant.

Les drogues psychoactives interfèrent sur les équilibres subtils inter-neuronaux entretenus par les neuromédiateurs naturels.

Chacune a des cibles spécifiques mais toutes perturbent les systèmes modulateurs qui régulent la réponse comportementale aux besoins, aux désirs et aux projets.

La répétition des expériences désensibilise le circuit de la récompense intervenant dans les apprentissages adaptatifs, affaiblit le contrôle inhibiteur préfrontal décisionnel et façonne avec les mémoires une réponse univoque où s’impose le produit stimulant.

Progressivement, le processus devient anatomique par neuroplasticité et détermine trois mécanismes facteurs de dépendance durable : la douleur physique du manque, l’inadaptation au stress et l’emprise du conditionnement.

L’addiction se développe graduellement sur un terrain de vulnérabilités d’origine génétique qui se nourrissent de discordances environnementales, éducatives et sociales précoces.

 

Elle s’initie souvent pendant l’adolescence, période de grande neuroplasticité durant laquelle les circuits des contrôles décisionnels n’ont pas encore atteint leur maturité et peinent à réguler les réponses émotionnelles ou conditionnées.

Dans une perspective pédagogique, ces bouleversements peuvent être compris, expliqués et transmis par diverses métaphores éclairant les dérèglements des processus biologiques qui conduisent à l’altération du contrôle volontaire des comportements.

La compréhension de ces mécanismes peut améliorer chez les patients la conscience de leur trouble (l’insight) et chez le médecin généraliste l’orientation des objectifs et le choix des moyens de la prise en charge.

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