Personnes en difficulté avec l’alcool : un guide pour accompagner

LA FAMILIARITÉ avec des buveurs donne l’illusion de la connaissance. Le serpent du Petit Prince a le pouvoir de résoudre toutes les questions.

L’alcoolique répond à ce qui fait problème à sa façon : en buvant. Il tient sa solution : répétitive et conjuratoire.

Face aux réalités, le buveur a mis au flou une stratégie alternative : boire. Il change le manque à être en soif, jusqu’à l’insupportable : « Avec l’alcool, je ne peux plus vivre ; sans, comment faire ? »

De plus en plus souvent, arrivent à la consultation des personnes chez lesquelles la dépendance alcoolique, « le besoin irrépressible de boire », n’a pas eu le temps de s’installer. Elles ne boivent pas tous les jours. Elles attendent le week-end ou les fins de journée, mais, déjà, la liste des préjudices, évidents ou insoupçonnés, s’allonge.

Il est question de consommations à risque et d’usages nocifs… La consommation par habitant diminue mais la moitié de la production est bue par 10 % de la population.

Soyons lucides, les consommations sont de plus en plus rapidement pathologiques, la problématique alcoolique va en s’aggravant.

Les adolescents, cibles privilégiées, effectuent leurs premières consommations collectives pour s’affirmer et faire comme les autres.

Assimiler leurs ivresses à répétition à des rituels de passage sacralise la « fête », alors qu’elle est un argument de défonce et d’accroche des sujets les plus vulnérables. Les laissés-pour-compte se recrutent dans toutes les catégories sociales…


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: en dépit des aménagements réalisés, l’offre d’aide est insuffisante dans sa répartition territoriale, inadéquate dans sa forme et dans son contenu.

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L’alcoologie n’est pas reconnue comme spécialité clinique. Certains espèrent améliorer son avenir en la camouflant sous le manteau des addictions.

Ainsi, la problématique alcoolique devrait s’effacer devant d’autres dépendances, moins complexes et moins prégnantes socialement. Il est excellent de lutter contre le tabagisme, qui fait partie avec les bières et le cannabis, des drogues de première dépendance à la post-adolescence. Le tabac tue davantage que l’alcool, 65 000 contre 45 000 personnes par an en France. Leur association est responsable de 15 000 décès annuels supplémentaires.

Cependant, le tabac n’attaque pas les capacités psychiques. Il ne compromet pas la tranquillité des familles, ni l’avenir des enfants. Il n’induit pas de déchéance sociale. Il est aujourd’hui concurrencé au sein des jeunes et des moins jeunes générations par le cannabis, en dépit des troubles du comportement induits par son usage habituel.

Les médicaments psychotropes jouent placés. L’alcool s’impose en association et comme substitution à la plupart des drogues illicites dont l’impact quantitatif est dix fois moindre.

Si l’alcool est la plus destructrice des drogues aléatoires, elle est également la plus révélatrice du « malaise dans la civilisation ».

Il est convenu de se donner bonne conscience en discourant sur les méfaits du « produit », le cynisme des alcooliers, l’irresponsabilité des buveurs au volant, l’électoralisme des politiques. Il est moins confortable de se confronter quotidiennement aux « malades de l’alcool ».

Harcelés par les tâches quotidiennes, les alcoologues s’habituent à endurer. Ils seraient menacés par le découragement s’il n’y avait le « détail » des souffrances des personnes en difficulté avec l’alcool : les alcooliques, ceux qui risquent de le devenir, leurs proches, d’autres soignants. S’il n’y avait aussi le plaisir de modifier favorablement nombre de trajectoires de vie.

Le tabou le plus déterminant en matière d’alcoolisme concerne donc le soin alcoologique.

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Aujourd’hui, quand un alcoologue clinicien cesse son activité, la pérennité de son action est en péril immédiat. Particulièrement s’il exerce comme praticien libéral, tant le champ de l’alcoologie est considéré comme une chasse gardée par les centres d’addictologie publics. Dans bien des régions de France, des confrères, salariés ou non, s’épuisent et évitent de partir en vacances, pour que la continuité de l’activité soit préservée. Les personnes en difficulté avec l’alcool doivent évoluer avec les carences de l’offre de proximité.

Ce livre sert à faire comprendre ce que la problématique met en jeu et la façon d’en prendre la mesure. Il va aider les alcooliques et leurs proches à identifier de bons partenaires, car il n’est pas possible de se sortir du piège de l’alcool seul et sans accompagnement durable. Il vise à leur faire gagner du temps, à leur économiser des errements.

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Il est également destiné à faire d’eux des « résistants » pour un ordre social plus équitable et plaisant. Couvrir le champ d’une problématique aussi vaste, sous la forme d’un guide, est un défi qui garde sa cohérence grâce au regroupement en six thématiques détaillées.

Chacune rassemble plusieurs chapitres, cinquante-quatre en tout, rédigés en phase avec le travail quotidien :

1. la mise en place de la problématique, avec la question sous-jacente de la prévention ;

2. la personne alcoolique, à la période de l’alcool, afin qu’elle se reconnaisse dans sa diversité ;

3. l’environnement de l’alcoolique, dans ses principaux aspects, humains et sociaux ;

4. l’accompagnement des premiers mois suivant une démarche de soin, à une période où le système constitué autour de l’alcoolisation entre en déséquilibre;

5. le « hors alcool », c’est-à-dire le temps du développement et de la mise en jeu d’une conduite de vie réconciliée avec le plaisir et le sens ;

6. des propositions pour améliorer la pratique de l’alcoologie.

Ce livre s’efforce de réaliser une synthèse entre des acquis partagés et notre approche de l’alcoologie. L’ensemble est un questionnement. Nous invitons, à présent, le lecteur à entrer dans ce travail, comme dans un bois, à décrocher après chaque période, à laisser flotter sa pensée, nez en l’air, regard distrait, sur une banquette de train ou de métro, au pied d’un arbre, à la terrasse d’un café, tête à l’ombre et jambes au soleil…

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