Repérer l’usage à risque d’alcool

Le repérage systématique de l’usage à risque d’alcool en population générale est absolument fondamental sur un plan de santé publique. Il doit impliquer tout soignant, à commencer par les médecins généralistes

Repérage du mésusage d’alcool en population générale
Repérage du mésusage d’alcool en population générale

Ce repérage précoce devrait être effectué de façon systématique chez tous les patients, par un interrogatoire régulier ou bien orienté par des circonstances évocatrices (HTA, plaintes psychiques ou pour asthénie, troubles du sommeil, altérations de l’état général).

Ce repérage est simple et se fonde sur la consommation déclarée d’alcool (CDA):

  • la quantité hebdomadaire d’usage d’alcool (nombre moyen de verres-standard consommé chaque semaine);
  • la fréquence hebdomadaire d’usage d’alcool (nombre de jours de consommation par semaine);
  • la fréquence hebdomadaire ou mensuelle de fortes consommations (plus de 5 verres-standard).

Si la CDA est supérieure aux repères recommandés de l’usage simple, c’est qu’il existe un mésusage d’alcool.

Il faut alors rechercher des complications et des arguments en faveur d’une perte de contrôle de l’usage d’alcool, ce qui évoque la présence d’un trouble addictologique lié à l’usage d’alcool.

Des questionnaires peuvent aider les médecins à repérer un mésusage d’alcool et un trouble lié à l’usage d’alcool.

Le questionnaire AUDIT-C (Alcohol Use Disorders Identification Test court) permet d’établir un score sur la base de 3 questions qui sont les 3 premières questions de l’AUDIT. Ce questionnaire permet de différencier un usage simple d’un mésusage.

Le questionnaire FACE. Il est composé de 5 questions, deux communes avec l’AUDIT C et trois qui orientent vers une perte de contrôle et donc une dépendance.

 

La mise en évidence d’un mésusage d’alcool doit être associée à une évaluation addictologique complète, intégrant une évaluation médicale psychiatrique et non-psychiatrique (éventuels dommages hépatiques, neurologiques…) et à une évaluation sociale.

Intervention brève en cas d’usage à risque

En cas d’usage à risque, des interventions brèves doivent être effectuées. Il s’agit d’interventions de prévention secondaire.

Le principe est celui d’une intervention dispensée individuellement, en un temps court, visant à augmenter le niveau de conscience et de connaissance des troubles liés à la consommation d’alcool chez des sujets en usage à risque. Sa durée est en général de 5 à 20 minutes.

Après évaluation de la consommation d’alcool (repérage précoce) et de son retentissement éventuel, des informations sont données à la personne sur :

  • Les résultats de cette évaluation,
  • La définition d’un verre-standard et des seuils de consommation à faible risque,
  • Les risques liés à la consommation d’alcool pertinents pour le patient,
  • Les éventuelles complications présentes chez le patient,
  • Les avantages à diminuer sa consommation,
  • Le choix d’un objectif de consommation si le patient est d’accord pour modifier sa consommation actuelle,
  • Des méthodes de réduction si demande du patient,
  • Un document d’information écrit est remis.

Cette intervention est réalisée de façon empathique, avec absence de jugement et en laissant le choix au patient.

L’ensemble constitue le RPIB : repérage précoce et intervention brève.

L’objectif est de faire émerger une motivation au changement chez la personne présentant un usage à risque ou un usage nocif pour la santé, avant le développement d’une dépendance.

L’efficacité de l’intervention brève a été étayée par de nombreuses études en cas de consommation à risque ou d’usage nocif pour la santé.

Qu’en pensez vous ? envie d’en débattre ? Alors n’hésitez pas à laisser vos commentaires ci-dessous  :

 

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